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le courrier des balkans
 
Le Courrier des Balkans - 3 settembre 2004
di Ludovic Chapelle ("Association Sarajevo", 3 settembre 2004) -
[versione italiana]
 

ultimo aggiornamento
30.09.05 7:32

 
 
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srebrenica: quelle situation 9 ans après le massacre?
 
Neuf ans après le massacre de juillet 1995, la ville de Srebrenica s’enfonce dans un marasme sans issue. Les retours de réfugiés bosniaques restent très rares, tandis que les Serbes quittent cette ville sinistrée. Aucun signe de reprise économique ne se dessine à Srebrenica
 
Du 07 au 11 juillet 1995, tandis que la guerre en Bosnie-Herzégovine arrivait à sa fin, le tristement célèbre massacre de Srebrenica fut perpétré. Entre 7 000 et 8 000 hommes Bosniaques furent tués par les forces serbes de Bosnie alors que la ville était censée être sous la protection de l’ONU et qu’elle était devenue un refuge pour tous les Bosniaques de la région. Le 19 avril dernier, ce massacre fut qualifié de génocide contre la communauté musulmane du pays par le tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie.
Nous sommes le 11 juillet 2004 dans la commune de Potocari située à quelques kilomètres de Srebrenica pour la neuvième commémoration du massacre. Un mémorial fut inauguré le 31 mars 2003 en face même de l’usine dans laquelle tous les Bosniaques de Srebrenica furent entassés avant le massacre. Le cimetière du mémorial accueille 338 corps identifiés grâce à des tests ADN qui se rajoutent aux 600 enterrés l’an passé.
La diplomatie bosniaque est représentée par Mustafa Ceric, chef de la communauté musulmane du pays, Sulejman Tihic, membre de la présidence du pays et Tersic Adnan, président du conseil des ministres. La Serbie est représentée par Natasa Kandic, présidente du fonds pour le droit humanitaire de Belgrade et par des délégations du collectif des femmes en noir et des jeunes de Serbie. Les hauts responsables de la République Serbe de Bosnie Herzégovine ont décliné l’invitation afin de se rendre à Belgrade pour l’inauguration de la nouvelle présidence de la Serbie Monténégro.
Environ 10 000 personnes venues en bus des quatre coins du pays sont présentes sous une chaleur étouffante. Les discours et la prière ont été prononcés, le moment est venu pour les familles de recouvrir de terre les 338 cercueils. La foule est compacte, les femmes pleurent, crient, s’évanouissent. Le bruit sourd de la terre qui tombe sur les cercueils accentue la pesanteur de l’atmosphère. A Tuzla où est entreposé le contenu des charniers de Srebrenica, 5 000 sacs avec des restes humains s’entassent encore dans des entrepôts réfrigérés.
Srebrenica, le soir même. Les Bosno-Serbes célèbrent depuis une semaine la fête orthodoxe de la Saint Pierre. Tournoi de football et soirées dansantes devant l’église sont au programme. Comme tous les soirs, l’ambiance est festive, il y a la musique traditionnelle, il y a toutes les générations et il y a surtout de nombreux drapeaux serbes.
L’atmosphère de fête qui règne au sein de la communauté Serbe est en contradiction complète avec le deuil de la communauté Bosniaque qui pleure au même moment ses milliers de disparus. Cela pose la question de la situation de la ville 9 ans après le massacre.
Le retour difficile des réfugiés bosniaques :
Avant la guerre, il y avait 37 000 habitants à Srebrenica dont 73% de Bosniaques. Aujourd’hui, il y a 7 500 habitants dont 85% de Bosno-Serbes (1). Créer les conditions pour encourager le retour des réfugiés était l’un des principes centraux des accords de paix de Dayton. A Srebrenica, le processus de retour s’est lentement mis en place à partir de 1999. Le dernier recensement datant du mois d’avril 2004 fait état du retour de seulement 2 320 Bosniaques dans la ville. La majorité des 30 000 réfugiés Bosniaques habitent dorénavant à Sarajevo, Zenica-Dobov ou Tuzla (2).
Retourner habiter à Srebrenica est un choix délicat pour les réfugiés. Ils sont toujours propriétaires de leur maison mais celles-ci sont souvent habitées par des familles Bosno-Serbes venues repeupler la région ou doivent être reconstruites. Les intentions de retour exigent, par ailleurs, des démarches administratives lourdes qui peuvent être ralenties voire bloquées, par des autorités inefficaces, souvent corrompues ou motivées seulement par les échéances électorales. La situation sociale et économique de la région n’encourage pas les retours des réfugiés qui sont souvent des femmes seules pour qui il est pratiquement impossible de trouver un emploi à Srebrenica. Il y a, enfin, le problème des champs de mines qui freine encore les retours malgré le travail de déminage des Unités de Protection Civile et du Centre d’Action des Mines.
La tension est encore palpable entre les communautés :
Les jeunes Bosniaques revenus à Srebrenica déclarent être victimes d’intimidations et de provocations de la part d’une partie des Bosno-Serbes de la ville. Interrogé sur ces provocations, le maire de la ville Abdurahman Malki ? membre du SDA (3) se veut rassurant dans ses propos : « Il est vrai que la communauté bosniaque est parfois provoquée par une minorité de Bosno-Serbes mais la situation a tendance à s’améliorer. » Le docteur Radomir Pavlovi ?, président du conseil municipal et membre du SDS (4) est moins rassurant en admettant que : « La sécurité n’est pas véritablement assurée pour les Bosniaques qui sont de retour a Srebrenica. Une partie des Bosno-Serbes leur fait clairement comprendre qu’ils ne sont plus les bienvenus. »
Les jeunes Bosno-Serbes de la ville n’ont pas la même visions de la situation. Marco et ses amis, jeunes Bosno-Serbes de 16 ans déclarent : « Nous ne côtoyons jamais les Bosniaques car ils nous haïssent. Les Bosno-Serbes sont les vraies victimes de la guerre et la communauté internationale ne veut pas les aider. C’est aujourd’hui le même problème au Kosovo où les Serbes sont attaqués alors qu’ils veulent seulement se défendre des terroristes albanais. Le massacre de 1995 est exagéré par les médias pour faire du tort à la communauté serbe. La paix est impossible. ».
Ces jeunes s’expriment comme s’ils récitaient fièrement une leçon apprise par cœur. Il est indéniable qu’ils sont, au même titre qu’une majeure partie des Bosno-Serbes endoctrinés par une propagande médiatique qui a eu une influence considérable sur les événements avant, pendant et après la guerre. Les médias bosniaques et croates étaient aussi manipulés mais dans une moindre mesure comparé à l’instrumentalisation médiatique serbe qui avait pour objectif la démonisation des autres communautés ainsi que la réécriture de l’histoire. En ce sens, les innombrables et douteux « parallèles historiques », les créations d’oppositions simples, la désignation claire des adversaires, les phrases choc et les mots bien affûtés ont véritablement préparé, jour après jour, l’opinion publique à l’éclatement et à la justification du conflit. A Srebrenica, l’effet est accentué par le manque d’éducation d’une grande partie des habitants. Il y a derrière cette propagande certains partis politiques nationalistes dont la soif de pouvoir et d’argent suffisent à manipuler toute une communauté. L’exemple le plus flagrant est celui de Milosevic qui contrôla la quasi-totalité des médias serbes pour assouvir son incommensurable soif de pouvoir (5).
Une économie au plus bas et discriminatoire : Avant la guerre Srebrenica comptait parmi les 5 premières villes de Bosnie-Herzégovine en matière de productivité et de niveau de salaire. Sa bonne santé se basait sur la richesse et la transformation des minerais ainsi que la fabrication de métal.
Il y a aujourd’hui 85% de chômeurs à Srebrenica et 90% des habitants vivent en dessous du seuil de pauvreté. La situation économique qui a continué de se détériorer depuis 1996 est aujourd’hui comparable à celle de 1960 (6) . Les problèmes actuels de Srebrenica sont dans une certaine mesure relatifs à toute la Bosnie Herzégovine qui doit faire face aux conséquences d’un conflit ainsi qu’à une délicate transition d’une économie socialiste vers une économie de marché.
La quasi-totalité des entreprises a été détruite durant la guerre et il est depuis très difficile de trouver des investisseurs. La discrimination et la corruption sont monnaie courante autant dans le secteur public que privé qui sont étroitement connectés avec les partis politiques nationalistes serbes. Un exemple, La compagnie forestière de la ville emploie exclusivement des Bosno Serbes. Les privatisations qui sont à l’initiative du gouvernement de la République Serbe sont réalisées sans transparence et les nouveaux propriétaires sont généralement des personnes très proches du SDS. Les entreprises privatisées ne stimulent pas l’économie locale et n’offrent pas les emplois espérés (7) . Enfin, l’économie locale reçoit de moins en moins d’aides du gouvernement de la République Serbe et cela depuis 1999, date où la mairie est revenue au SDA.
Le PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement) : une présence peu efficace :
Financé par l’aide internationale et par la République Serbe de Bosnie-Herzégovine le PNUD fut mis en place en 2002 pour les municipalités de Srebrenica, Bratunac et Milici. Il est composé de quatre axes :
La réforme des institutions locales avec le souci de placer les citoyens au centre des décisions budgétaires de leur municipalité.
Le développement civil pour améliorer la représentation des citoyens auprès de leur municipalité.
Le développement économique avec une série de mesures pour relancer l’emploi et la productivité.
Le développement des infrastructures avec le financement de la reconstruction des routes, de la remise en place du réseau électrique et d’eau potable.
Alexandre Priéto, chef du programme, souligne l’insuffisance des moyens financiers nécessaires au suivi de chaque projet. L’aide internationale a tendance à diminuer et le financement du programme jusqu’en 2005 n’est pas assuré. Le maire et le président du conseil municipal s’accordent pour dénoncer le manque d’efficacité de ce programme dont ils attendaient beaucoup. Selon eux celui-ci n’a été concret que dans la reconstruction des voies de communications.
Dix ans après le massacre, au vu de la situation très préoccupante de Srebrenica, nous pouvons nous demander s’il y a une réelle volonté politique pour la réhabilitation de Srebrenica.
Hakija Meholjic, conseiller municipal de la ville, a déclaré le 26 mai dernier dans le quotidien bosniaque Oslobodjenje au sujet de la situation de Srebrenica. : « Les directions du SDA et du SDS voudraient en finir avec Srebrenica. Les Bosno Serbes la quittent volontairement et les Bosniaques n’y rentrent pas. Les uns et les autres le font parce qu’à Srebrenica ils n’ont pas de quoi vivre. Les autorités ont peur de voir Srebrenica revivre et les fonctionnaires locaux exécutent leurs ordres pour beaucoup d’argent. Plus tôt elle deviendra une ville fantôme, celle-là même où une catastrophe planétaire a eu lieu, plus vite elle sera oubliée. C’est la volonté des partis au pouvoir pour lesquels Srebrenica a été un objet de trafic et de la communauté internationale qui est responsable du martyre des habitants durant la guerre. ».
Radomir Pavlovi ? pense lui aussi que « Les dirigeant du SDS et du SDA ne font rien pour améliorer la vie des habitants à Srebrenica et que la ville va mourir à petit feu. »
En 1995, Srebrenica a connu la terreur qui a détruit la vie de milliers de Bosniaques et qui n’a pas pour autant amélioré la vie de la communauté serbe. La pauvreté des habitants ne connaît pas de frontières communautaires. La situation ne profite qu’à une poignée de responsables politiques et économiques qui, entre démagogie et corruption, gagnent à ce qu’elle n’évolue pas réellement.
(autorizzazione alla riproduzione concessa)
 
Note
(1), (2) Source : PNUD Bosnie-Herzégovine : Programme de rétablissement de la région de Srebrenica
(3) Les réfugiés qui ont quitté la ville en 1995 sont toujours propriétaires de leur habitation et ont le droit de voter depuis la ville où ils habitent dorénavant. C’est pourquoi la mairie revient au SDA (Parti de l’action démocratique) bien qu’elle soit aujourd’hui habitée par 85% de Serbes. Le SDA est le principal parti politique nationaliste bosniaque
(4) SDS (parti démocratique serbe) : principal parti nationaliste Bosno Serbe
(5) Source : Propagande politique et projet d’ « état pour tous les Serbes » : conséquence de l’instrumentalisation des médias à des fins ultranationalistes. Renaud de La Brosse. (janvier 2003)
(6), (7) Source : Rapport du PNUD sur l’évaluation de 16 municipalités en Bosnie Herzégovine. (Avril 2004).La municipalité de Srebrenica :
Depuis les accords de Dayton signés en 1995, le pays est un régime de type présidentiel et parlementaire, constitutionnel avec une présidence tripartite (Bosniaque, Serbe, Croate) sous laquelle il y a deux entités autonomes, la Fédération de Bosnie-Herzégovine (51 % du territoire) et la République Serbe de Bosnie Herzégovine(49 % du territoire). Srebrenica se trouve dans la République Serbe
 
Srebrenica: quale situazione 9 anni dopo il massacro? - Nove anni dopo il massacro del luglio 1995, la città di Srebrenica annaspa in un marasma senza uscita. Il ritorno dei rifugiati bosniaci resta molto raro, mentre i Serbi lasciano questa città sinistrata. Nessun segno di ripresa economica sembra possibile a Srebrenica
 

Dal 7 all’11 luglio 1995, mentre la guerra si concludeva, in Bosnia Erzégovina fu perpetrato il tristemente noto massacro di Srebrenica. Tra 7.000 e 8.000 uomini bosniaci furono uccisi dalle forze serbe di Bosnia mentre la città era considerata sotto la protezione dell’ONU ed era diventata il rifugio per tutti i Bosniaci della regione. Il 19 aprile scorso, questo massacro fu qualificato dal TPI per la Iugoslavia come genocidio contro la comunità mussulmana del Paese.
E’ l’11 luglio 2004 nel comune di Potocari situato a qualche chilometro da Srebrenica per la nona commemorazione del massacro. Un memoriale è stato inaugurato il 31 marzo 2003 proprio di fronte alla fabbrica nella quale furono ammassati tutti i Bosniaci di Srebrenica prima del massacro. Il cimitero del memoriale accoglie 338 corpi, identificati grazie ai test del DNA, che si aggiungono ai 600 sotterrati l’anno scorso. La diplomazia bosniaca è rappresentata da Mustafa Ceric, capo della comunità musulmana del paese, Sulejman Tihic, membro e della presidenza del paese, e Tersic Adnan, presidente del consiglio dei ministri. La Serbia e rappresentata da Natasa Kandic, presidente del fondo per il diritto umanitario di Belgrado e da delegazioni del collettivo di Donne in Nero e dei giovani di Serbia. Gli alti responsabili della Repubblica Serba di Bosnia Erzegovina hanno declinato l’invito di recarsi a Belgrado per l’inaugurazione della nuova presidenza della Serbia-Montenegro.
Circa 10 000 persone venute in autobus da tutto il paese, sono presenti sotto un calore soffocante. Dopo i discorsi e la recitazione della preghiera, è il momento per le famiglie di ricoprire di terra i 338 sarcofaghi. La folla è compatta, le donne piangono, urlano, svengono. Il rumore sordo della terra che cade sui sarcofaghi accentua la pesantezza dell’atmosfera. A Tuzla, dove è depositato il contenuto del carnaio di Srebrenica, 5.000 sacchi con i resti umani si ammonticchiano ancora nei depositi refrigerati.
Srebrenica, la stessa sera. I serbi-Bosniaci celebrano da una settimana la festa ortodossa di San Pietro. Sono in programma un torneo di calcio e delle serate danzanti davanti alla chiesa. Come tutte le sere, l’atmosfera è di festa, c’è la musica tradizionale, sono presenti tutte le generazioni e ci sono soprattutto molte bandiere serbe.
L’atmosfera di festa che regna in seno alla comunità serba è in contrasto con il lutto della comunità bosniaca che nel frattempo piange le sue migliaia di dispersi. Questo pone la questione della situazione della città 9 anni dopo il massacro.
Il ritorno difficile dei rifugiati bosniaci.
Prima della guerra, c’erano 37.000 abitanti a Srebrenica di cui 73% bosniaci. Oggi, ci sono 7.500 abitanti di cui l’85% serbo-bosniaci (1). Cr eare le condizioni per incoraggiare il ritorno dei rifugiati era uno dei principi centrali degli accordi di pace di Dayton. A Srebrenica, il processo di ritorno si è lentamente messo in moto a partire dal 1999. L’ultimo censimento che si riferisce al mese di aprile 2004 rileva il ritorno nella città di solamente 2320 Bosniaci. La maggioranza di rifugiati bosniaci d’ora in avanti abita a Sarajevo, Zenica-Dobov o Tuzla (2).
Ritornare ad abitare a Srebrenica è una scelta delicata per i rifugiati. Essi sono sempre proprietari delle loro case ma queste sono spesso abitate da famiglie serbo-bosniache venute a ripopolare la regione o devono essere ricostruite. Le intenzioni di ritorno esigono, d’altronde, dei passi amministrativi pesanti che possono essere rallentati, cioè bloccati, da autorità inefficienti, spesso corrotte o motivate solamente dalle scadenze elettorali. La situazione sociale ed economica della regione non incoraggia il ritorno dei rifugiati che sono spesso delle donne sole per le quali è praticamente impossibile trovare un impiego a Srebrenica. C’è, infine, il problema dei campi minati che frena ancora il ritorno malgrado il lavoro di bonifica delle Unità di Protezione Civile e del Centro d’Azione delle Mine.
La tensione tra le comunità è ancora palpabile.
I giovani Bosniaci ritornati a Srebrenica dichiarano di essere vittime di intimidazioni e di provocazioni da parte di alcuni Serbo-Bosniaci della città. Interrogato su queste provocazioni, il sindaco della città Abdurahman Malki membro dello SDA (3) si mostra rassicurante a questo proposito: ”E’ vero che la comunità bosniaca è talvolta provocata dal una minoranza di Serbo-Bosniaci ma la situazione tende a migliorare”. Il dottore Radomir Pavlovi, presidente del consiglio municipale e membro del SDS (4) è meno rassicurante ammettendo che: ”La sicurezza non è verosimilmente assicurata per i Bosniaci di ritorno a Srebrenica. Una parte di Serbo-Bosniaci fa loro capire chiaramente che non sono più i benvenuti”.
I giovani Serbo-Bosniaci della città non hanno la stessa visione della situazione. Marco e i suoi amici Serbo-Bosniaci di 16 anni dichiarano: “Non frequentiamo mai i Bosniaci perché ci odiano. I Serbo-Bosniaci sono le vere vittime della guerra e la comunità internazionale non vuole aiutarli. E’ lo stesso problema oggi nel Kossovo dove i Serbi sono attaccati quando vogliono solamente difendersi dai terroristi albanesi. Il massacro del 1995 è esagerato dai media per far torto alla comunità serba. La pace è impossibile”.
Questi giovani si esprimono come se recitassero fieramente una lezione imparata a memoria. E’ innegabile che sono, come la maggior parte dei Serbo-Bosniaci, indottrinati da una propaganda mediatica che ha avuto una notevole influenza sugli avvenimenti prima, durante e dopo la guerra. Anche i media bosniaci e croati erano manipolati ma in minor misura in confronto alla strumentazione mediatica serba che aveva per obiettivo la demonizzazione delle altre comunità come pure la riscrittura della storia. In questo senso, le numerose e dubbie “parallele storiche”, la creazione di opposizioni semplici, la chiara designazione degli avversari, le frasi choc e le parole ben studiate hanno verosimilmente preparato, giorno dopo giorno, l’opinione pubblica allo scoppio ed alla giustificazione del conflitto. A Srebrenica l’effetto è accentuato dalla mancanza di educazione di una gran parte degli abitanti. Dietro questa propaganda ci sono certi partiti politici nazionalisti la cui sete di potere e di denaro bastano a manipolare tutta una comunità. L’esempio più flagrante è quello di Milosevic che controllò la quasi totalità dei media serbi per saziare la sua incommensurabile sete di potere (5).
Un’economia al minimo e discriminatoria. Prima della guerra Srebrenica si trovava tra le prime 5 città della Bosnia Erzegovina in materia di produttività e di livello salariale. La sua buona salute si basava sulla ricchezza e sulla trasformazione dei materiali come sulla lavorazione del metallo.
C’ è oggi l’85% di disoccupati a Srebrenica e il 90% degli abitanti vivono al di sotto della soglia di povertà. La situazione economica che ha continuato a deteriorarsi dal 1996, è oggi paragonabile a quella del 1960.La situazione economica che ha continuato a deteriorarsi dal 1996 è oggi paragonabile a quella del 1960 (6). I problemi attuali di Srebrenica sono in una certa misura relativi a tutta la Bosnia Erzegovina che deve far fronte alle conseguenze di un conflitto come ad una delicata transizione di un’economia socialista verso un’economia di mercato.
La quasi totalità delle imprese durante la guerra sono state distrutte ed è quindi molto difficile trovare degli investitori. La discriminazione e la corruzione sono moneta corrente tanto nel settore pubblico che in quello privato che sono strettamente connessi con partiti nazionalisti serbi. Un esempio. La compagnia forestale della città impiega esclusivamente dei Serbo-Bosniaci. Le privatizzazioni che sono iniziativa del governo della Repubblica Serba sono realizzate senza trasparenza e i nuovi proprietari sono generalmente delle persone molto vicine al SDS.
Le imprese privatizzate non stimolano l’economia locale e non offrono gli impieghi sperati (7). Infine l’economia locale riceve sempre meno aiuti dal governo della Repubblica Serba e questo dal 1999, data in cui la municipalità è diventata SDA.
Il PNUD (Programma delle Nazioni Unite per lo Sviluppo): una presenza poco efficace. Finanziato dall’aiuto internazionale e dalla Repubblica Serba il PNUD fu attuato nel 2002 per le municipalità di Srebrenica, Bratunac e Milici. E’ composto da quattro assi.
La riforma delle istituzioni locali con il pensiero di piazzare i cittadini al centro delle decisioni budgetarie della loro municipalità.
Lo sviluppo civile per migliorare la rappresentazione dei cittadini presso la loro municipalità.
Lo sviluppo economico con una serie di misure per rilanciare l’occupazione e la produttività.
Lo sviluppo delle infrastrutture con il finanziamento della ricostruzione delle strade, della rimessa in funzione della rete elettrica e dell’acqua potabile.
Alexandre Priéto, capo del programma, sottolinea l’insufficienza dei mezzi finanziari necessari al proseguimento di ogni progetto. L’aiuto internazionale tende a diminuire e il finanziamento del programma non è assicurato fino al 2005. Il sindaco ed il presidente del consiglio municipale si accordano per denunciare la mancanza di efficacia di questo programma da cui si aspettavano molto. Secondo loro, questo non è stato concreto che nella ricostruzione delle vie di comunicazione.
Dieci anni dopo il massacro, in vista della situazione molto preoccupante di Srebrenica, possiamo chiederci se c’è una volontà politica reale per la riabilitazione di Srebrenica
Hakija Meholjic, consigliere municipale della città, ha dichiarato il 26 maggio scorso sul quotidiano bosniaco Oslobodjenje, a proposito della situazione di Srebrenica : “le direzioni dello SDA e dello SDS vorrebbero farla finita con Srebrenica. I Serbi-Bosniaci l’abbandonano volontariamente ed i Bosniaci non vi tornano. Gli uni e gli altri lo fanno perché a Srebrenica non hanno di che vivere.
Le autorità temono di veder Srebrenica rivivere e i funzionari locali eseguono i loro ordini per molto denaro. Prima diventerà una città fantasma, la stessa in cui ha avuto luogo una catastrofe planetaria, più rapidamente sarà dimenticata. E’ la volontà dei partiti al potere, per i quali Srebrenica è stato oggetto di traffico, e della comunità internazionale che è responsabile del martirio degli abitanti durante la guerra”.
Radomir Pavlovi pensa anche lui che “i dirigenti dello SDS e dello SDA non fanno niente per migliorare la vita degli abitanti di Srebrenica e che la città morirà poco a poco”.
Nel 1995, Srebrenica ha conosciuto il terrore che ha distrutto la vita di migliaia di Bosniaci e che non ha d’altra parte migliorato la vita della comunità serba. La povertà degli abitanti non conosce frontiere comunitarie. La situazione porta profitto solamente ad una manciata di responsabili politici ed economici che, tra demagogia e corruzione, traggono vantaggio dal fatto che la città in realtà non si evolva.
(autorizzazione alla riproduzione concessa)

 
Note
(1), (2) Fonte : PNUD Bosnia-Erzégovine : Programma di ricostruzione della regione di Srebrenica
(3) I rifugiati che hanno lasciato la città nel 1995 sono tuttora proprietari delle loro abitazioni ed hanno diritto di votare nella città in cui vivono d’ora in poi. Per questo motivo la municipalità torna allo SDA (Partito di Azione Democratica) per quanto sia abitata oggi dall’85% di Serbi. Lo SDA è il principale partito politico nazionalista bosniaco
(4) SDS (partito democratico serbo): principale partito nazionalista Serbo-bosniaco
(5) Fonte: Propaganda politica e progetto di “stato per tutti i Serbi”: conseguenza della strumentalizzazione dei media a fini ultranazionalisti. Renaud de La Brosce (gennaio 2003)
(6), (7) Fonte: rapporto del PNUD sulla valutazione di 16 municipalità in Bosnia Erzegovina. (Aprile 2004). La municipalità di Srebrenica: secondo gli accordi di Dayton firmati nel 1995, il paese ha un regime di tipo presidenziale e parlamentare, costituzionale con una presidenza tripartita (Bosniaca, Serba e Croata) sotto la quale ci sono due entità autonome, la Federazione di Bosnia Erzegovina (51% del territorio) e la Repubblica Serba di Bosnia Erzegovina (49% del territorio). Srebrenica si trova nella Repubblica Serba
 
 
© 2004 - Ludovic Chapelle
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traduzione in francese del Courrier des Balkans
traduzione in italiano della professoressa Stefania Sabatini Morfini
 
 
 
 
 
 
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