.. .. edizione del

.. ....

testata e logo di Macondo Tre
counter adozioni
 
le courrier des balkans
 
Le Courrier des Balkans - 11 ottobre 2004
di Isabelle Wesselingh -
[versione italiana]
 

ultimo aggiornamento
30.09.05 7:32

 
 
canali
happrofondimenti
 
 

srebrenica : la republika srpska reconnaît officiellement le massacre
 
L’ancien commandant des forces musulmanes de Srebrenica a commencé à comparaître devant le Tribunal pénal international (TPI) de La Haye pour répondre de crimes de guerre contre des Serbes de la région de Srebrenica, commis deux ans avant les massacres de 1995. Naser Oric est-il un héros qui a défendu l’enclave bosniaque ou un criminel de guerre ?
 
C’est un des procès les plus attendus du Tribunal pénal international (TPI) pour l’ex-Yougoslavie. Mercredi 6 octobre, Naser Oric, 37 ans, ancien garde du corps de Slobodan Milosevic devenu commandant des forces musulmanes de Srebrenica durant la guerre de Bosnie-Herzégovine (1992-1995), a commencé à comparaître pour répondre de crimes de guerre commis contre des Serbes. Les faits qui lui sont reprochés ne sont pas liés à la chute de l‚enclave de Srebrenica, le 11 juillet 1995, et au génocide de 7 000 Musulmans de Bosnie qui l’a suivi, mais remontent aux débuts de la guerre, en 1992 et 1993.
Pour le procureur, Naser Oric est à ce moment-là, « l’autorité régnante et le seigneur de guerre de Srebrenica ». Auréolé de la gloire d’avoir empêché Srebrenica de tomber aux mains des Serbes, qui avaient lancé une brutale offensive pour s’emparer de la Bosnie orientale, Naser Oric « devient ivre de pouvoir » et ne s’embarrasse pas de faire respecter les lois et coutumes de la guerre. Ses hommes attaquent, pillent et brûlent une cinquantaine de villages et hameaux serbes des alentours. À Kravica et dans d’autres villages, Naser Oric « commande et prend part personnellement » à ces attaques, selon son acte d’accusation.
« Des crimes de guerre ont été commis sous son commandement », insiste le procureur Jan Wubben, dans sa déclaration liminaire.
Au poste de police de Srebrenica, les hommes d’Oric torturent et tuent plusieurs hommes serbes à coup de barres de fer ou de tenailles rouillées. Si Naser Oric n’est pas inculpé d’avoir ordonné ou commis lui-même ces crimes, le procureur lui reproche de n’avoir rien fait pour les empêcher alors que son rang de commandant lui en donnait les pouvoirs. « Nous montrerons qu’il a encouragé et facilité les crimes commis », a affirmé le procureur.
Dans le box des accusés, les cheveux noirs de jais soigneusement gominés et ramenés en arrière, chemise rose, Naser Oric écoute, impassible, ces accusations.
Quelques heures plus tard, son avocat John Jones propose un tout autre portrait de l’accusé. Aux yeux de la défense, Naser Oric n‚a fait que défendre « son peuple » contre « la faim et les attaques » des Serbes de Bosnie qui assiégeaient la ville. Recourant à de nombreuses images vidéo, l’avocat rappelle la situation déplorable des milliers de personnes réfugiés à Srebrenica, « un véritable camp de concentration à ciel ouvert ». Il soutient que les attaques reprochées à Naser Oric n’étaient en fait que des opérations défensives destinées à arrêter les violences serbes et à alléger la famine. Il insiste sur le génocide de Srebrenica où plus de 7.000 Musulmans de Bosnie furent exécutés par les forces serbes et s‚étonne de voir Naser Oric, un Musulman accusé devant le TPI. « Etait-ce un crime de vouloir résister au nettoyage ethnique ? », s’interroge-t-il.
Délaissant un moment le contexte et la situation générale de Srebrenica, il glisse que si les crimes contre les détenus serbes « ont été commis de cette manière, il n’y a pas d’excuses pour les justifier mais il n’y a aucune preuve que Naser Oric était au courant ».
Durant la guerre, de nombreux reporters rapportèrent cependant l’implication de Naser Oric dans de violentes attaques contre des villages serbes de la zone.
Ces versions contrastées sur Naser Oric, développées devant le TPI, correspondent aux réactions que le personnage suscite, notamment chez les survivants de Srebrenica. Profiteur de guerre ou criminel pour certains, il est considéré comme un héros par d’autres. « Je pense que Naser est un honnête homme, un homme d’honneur qui essayait juste de défendre son peuple », confiait Munira Subasic, une des femmes rescapées du massacre de Srebrenica, peu avant le début du procès. « Il est accusé donc c’est bien qu’il comparaisse mais je ne crois pas qu’ils prouveront sa culpabilité », ajoutait-elle.
Dans un éditorial publié en avril dernier dans le magazine bosnien Dani, Emir Suljagic, lui aussi survivant du massacre, donnait une image plus contrastée : « je sais combien c’était difficile, combien nous avions faim et combien nous étions exposés à la torture et à la destruction quotidiennement. Mais si c’était de nourriture dont nous avions besoin, il n’y avait pas de raisons de brûler des maisons serbes ». Il rappelait malgré tout, dans un autre article, avoir « du respect » pour Naser Oric : « C’est son courage et sa volonté de fer qui ont empêché la chute de Srebrenica dès 1992 ».
Le procès de Naser Oric devrait durer un an. Bien que ces événements ne doivent en principe pas être abordés durant les débats, certains espèrent qu‚il permettra de clarifier les raisons qui poussèrent le gouvernement de Bosnie à rappeler Naser Oric loin de Srebrenica deux mois avant la chute de l’enclave en 1995.
(autorizzazione alla riproduzione concessa)
 
Naser Oric davanti al TPI: eroe o signore della guerra di Srebrenica? - L'ex comandante delle forze mussulmane di Srebrenica è comparso per la prima volta davanti al Tribunale Penale Internazionale (TPI) dell'Aja per rispondere dei crimini di guerra contro i serbi della regione di Srebrenicacommessi due anni prima del massacro del 1995. Naser Oric è un'eroe che ha difeso l'enclave lbosniaca o un criminale di guerra ?
 

Ê uno dei processi più attesi del Tribunale Penale Internazionale (TPI) per l’ex-Iugoslavia. Mercoledì 6 ottobre, Naser Oric, 37 anni, ex guardia del corpo di Slobodan Milosevic diventato comandante delle forze musulmane di Srebrenica durante la guerra di Bosnia-Erzégovine (1992-1995), ha cominciato a comparire per rispondere di crimini di guerra commessi contro i Serbi. I fatti che gli sono stati imputati non sono legati alla caduta dell’enclave di Srebrenica, l’11 luglio 1995, ed al genocidio di 7.000 Musulmani di Bosnia che l’ha seguito, ma risalgono all’inizio della guerra, nel 1992 e 1993.
Per il procuratore, Naser Oric è in quel momento, “l’autorità regnante e il signore della guerra di Srebrenica”. Ammantato dalla gloria di aver impedito a Srebrenica di cadere nelle mani dei Serbi, che avevano lanciato una brutale offensiva per impadronirsi della Bosnia orientale, Naser Oric “s’inebria di potere” e non esita a far rispettare le leggi e le abitudini di guerra. I suoi uomini attaccano, saccheggiano e bruciano una cinquantina di villaggi e di casali serbi dei dintorni. A Kravica e negli altri villaggi, Naser Oric “comanda e partecipa personalmente” a questi attacchi, secondo il suo atto di accusa.
”Sono stati commessi de crimini di guerra sotto il suo comando”, insiste il procuratore Jan Wubben, nella sua dichiarazione preliminare.
Al posto di polizia di Srebrenica, gli uomini di Oric torturano e uccidono molti uomini serbi a colpi di sbarre di ferro o di tenaglie arrugginite. Se Naser Oric non è incolpato di aver ordinato o commesso egli stesso questi crimini, il procuratore gli rimprovera di non aver fatto niente per impedirli quando il suo rango di comandante gliene dava i poteri. “Noi dimostreremo che ha incoraggiato e facilitato i crimini commessi”, ha affermato il procuratore.
Nel box degli accusati, i capelli neri corvini accuratamente pettinati all’indietro, camicia rosa, Naser Oric ascolta impassibile le sue accuse.
Qualche ora più tardi, il suo avvocato, John Jones, fa un ritratto del tutto diverso dell’accusato. Agli occhi della difesa, Naser Oric, non ha fatto altro che difendere “il suo popolo” contro “la fame e gli attacchi” dei Serbi di Bosnia che assediavano la città. Ricorrendo a molte immagini video, l’avvocato ricorda la tremenda situazione di migliaia di persone rifugiate a Srebrenica, “un vero campo di concentramento a cielo aperto”. Egli sostiene che gli attacchi rimproverati a Naser Oric non erano di fatto altro che operazioni di difesa destinate a fermare le violenze serbe e ad alleggerire la carestia. Insiste sul genocidio di Srebrenica dove più di 7.000 Musulmani di Bosnia furono uccisi dalle forze serbe e si stupisce di vedere Naser Oric, un Mussulmano, accusato davanti al TPI. “Era un crimine voler resistere alla pulizia etnica?” s’interroga.
Abbandonando un momento il contesto e la situazione generale, egli insinua che se i crimini contro i detenuti serbi di Srebrenica “sono stati commessi in questa maniera, non ci sono scuse per giustificarli, ma non c’è alcuna prova che Naser Oric fosse al corrente”.
Durante la guerra molti reporter raccontarono tuttavia l’implicazione di Naser Oric nei violenti attacchi contro i villaggi serbi della zona.
Queste versioni contrastate su Naser Oric, sviluppate davanti al TPI, corrispondono alle reazioni che il personaggio suscita, specialmente nei sopravissuti di Srebrenica. Profittatore di guerra o criminale per alcuni, è considerato un eroe da altri. “Penso che Naser sia un uomo onesto, un uomo d’onore che tentava di difendere il suo popolo”, confidava Munira Subasic, una delle donne sfuggite al massacro di Srebrenica, poco prima dell’inizio del processo. “E’ accusato, dunque è bene che compaia, ma non credo che dimostreranno la sua colpevolezza”, aggiungeva.
In un editoriale pubblicato nell’aprile scorso sulla rivista bosniaca Dani, Emir Suljagic, anch’egli sopravvissuto al massacro, dava un’immagine più contrastata: “So quanto fosse difficile, quanto avessimo fame e quanto fossimo esposti quotidianamente alla tortura e alla distruzione. Ma se era del cibo ciò di cui avevamo bisogno, non c’erano ragioni di incendiare le case serbe”. Ricordava, malgrado tutto, in un altro articolo, di avere rispetto per Naser Oric: “E’ il suo coraggio e la sua volontà di ferro che hanno evitato la caduta di Srebrenica fin dal 1992”.
Il processo di Naser Oric dovrebbe durare un anno. Per quanto questi avvenimenti non debbano in principio essere affrontati durante il dibattimento, alcuni sperano che consentirà di chiarire le ragioni che spinsero il governo di Bosnia a richiamare Naser Oric lontano da Srebrenica due mesi prima della caduta dell’enclave nel 1995.
(autorizzazione alla riproduzione concessa)

 
© 2004 - Isabelle Wesselingh
il logo del courrier des balkans - copyright le courrier des balkans
traduzione in italiano della professoressa Stefania Sabatini Morfini
 
 
 
 
 
 
indirizzo e recapito telefonico
clicca qui per i credits e i copyright
pulsante rss -