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le courrier des balkans
 
Le Courrier des Balkans - 17 febbraio 2005
di Nidzara Ahmetasevic ("IWPR", 11 febbraio 2005) -
[versione italiana]
 

ultimo aggiornamento
23.10.06 11:54

 
 
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La violence contre les femmes n’est (presque) pas réprimée en Bosnie
 
La violence domestique est une réalité massive et largement ignorée en Bosnie-Herzégovine. Bien peu de cas sont dénoncés à la police. Un nouveau projet de loi, qui suscite la colère des féministes et des associations de défense des droits de la personne, assimilerait cette violence à un simple délit passible d’amende
 
Sejla (un nom fictif) se rappelle trop bien sa vie conjugale : « Il a menacé de me tuer », dit-elle, se tortillant les mains nerveusement. « Il me frappait, m’insultait et jurait contre moi », a-t-elle confié à l’IWPR, elle qui s’est réfugiée dans une maison pour femmes avec son bébé de 4 mois.
« J’étais sous une sorte de résidence surveillée, je ne pouvais pas sortir sans escorte. Un jour, j’en ai eu assez. Un matin, très tôt, j’ai couru et j’ai tout raconté à la police, qui m’a présenté à des gens du centre de travail social ». « Les gens comme mon mari devraient être en prison. Ils doivent être poursuivis pour tout ce qu’ils font. »
Le nombre de cas comme celui de Sejla augmente de façon alarmante en Bosnie. Mais au lieu de punir les coupables plus sévèrement, les autorités prévoient de faire de la violence conjugale une offense mineure, comparable à un parking non réglementaire, et passible d’une simple amende.
Les critiques soulignent que le projet montre que la violence contre les femmes est encore jugée « acceptable » dans un pays dominé par des nationalistes conservateurs.
« Qu’un geste violent soit considéré comme une incartade plutôt que comme un acte criminel en dit long sur les valeurs que le gouvernement cherche à promouvoir », explique Fedra Idzakovic de Global Rights, un organisme consacré aux femmes victimes de violence.
La violence conjugale est un problème croissant en Bosnie alors que le pays est toujours aux prises avec l’héritage de la guerre : chômage endémique, stress post-traumatique et services sociaux limités. Pourtant, il n’y a que cinq maisons accueillant des femmes en fuite dans tout le pays. Cela a pour résultat que les services offerts par des groupes de support locaux font face à une demande très forte.
« Nous avons reçu 640 appels au cours des 6 premiers mois de notre ligne d’aide téléphonique, ce qui donne une idée de l’ampleur du phénomène », affirme Selma Begic, qui travaille à la maison de Sarajevo où vit présentement Sejla.
Mais cela n’apparaît pas dans les statistiques. Selon les chiffres de la police divulgués en 2002, seulement 147 incidents de violence domestique avaient été rapportés dans la Fédération.

65% des femmes victimes de violence domestique
Des militantes croient qu’un récent sondage à l’échelle nationale, commandé par la Local Democracy Foundation, donne une version plus réaliste de l’étendue du problème. Ce sondage, mené auprès de 4 000 femmes, montre que 65 % d’entre elles déclarent avoir subi des violences domestiques et que les trois quarts des répondantes n’avaient pas rapporté les incidents.
Les militantes soutiennent que ces réticences sont compréhensibles, compte tenu de l’indulgence des juges et des policiers envers ce type de crime.
Un rapport récent produit par Global Rights et d’autres ONG sur le traitement judiciaire réservé aux cas de violence conjugale a démontré que les juges avaient tendance à punir les coupables avec de petites amendes et que les sentences de prison constituaient l’exception.
Selon le ministère de la Justice de la Republika Srpska (RS), 51 cas de violences domestiques ont été rapportés à la police de Banja Luka pour la seule année 2002, mais que seulement deux personnes ont été emprisonnées relativement à ces événements.

Une société traditionnelle et patriarcale
Des groupes de droits humains constatent que la faible proportion de cas rapportés aux autorités s’inscrit dans un problème plus vaste. Global Rights relève que « derrière une façade civilisée et moderne, la Bosnie cache une société profondément traditonnelle et patriarcale. La violence est une partie intégrante de la réalité familiale, mais reste ignorée et n’est pas discutée en public ».
Les militantes pensent que cette attitude est profondément ancrée chez les forces de police locales. « Même lorsqu’ils reçoivent une formation appropriée sur le sujet, de nombreux policiers semblent toujours croire qu’il est normal, un jour ou l’autre, de taper sur une femme », déplore la conseillère de la maison pour femmes Zehrija Zajkovic. Elle ajoute que beaucoup d’hommes bosniaques ont tout l’air de penser qu’une gifle n’est « rien ».
Les groupes de soutien aux femmes préviennent que le projet de loi reléguant la violence conjugale à un simple écart de conduite ne changera pas grand chose à de telles attitudes.
« L’État doit efficacement punir les responsables de la violence dans les foyers », déclare Idzakovic. « Rien n’évoluera si l’on s’obstine à traiter la violence familiale comme une broutille ».

Le gouvernement défend son projet
Global Rights fait partie d’une coalition de plus d’une centaine d’ONG pressant le gouvernement de ne pas donner suite à son projet de loi. « Il n’a pas été clairement présenté en public et il n’y a eu aucun débat à ce sujet », dit Sehic. « Nous nous opposons à une vision qui fait de la violence domestique un simple écart de conduite ».
Mais des représentants du gouvernement préviennent que le projet de loi relativisant le sérieux de la violence contre les femmes ne sera pas modifié. Un responsable du ministère de la Justice Dzemal Mutapcic déclare qu’une « telle loi nous permettra de distinguer des offenses mineures, comme la gifle, de d’autres offenses plus sérieuses ». Il ajoute que d’autres lois pouvaient être utilisées pour poursuivre ces offenses « plus sérieuses ».
Les militantes admettent que certaines dispositions contenues dans d’autres projets de loi pourraient contribuer à réduire la violence dans les foyers.
Par exemple, dans la Loi sur la Famille actuellement présentée par le ministère de la Justice de la Fédération, il sera possible d’évincer les personnes violentes du foyer et même de leur refuser l’accès à leur famille. Mais la question des peines infligées aux coupables demeure entière.
Les ONG affirment que tant que la loi considèrera la violence domestique comme une incartade et ne la punira que d’une petite amende, il y a peu d’espoir de changer l’attitude de la police, des juges et des abuseurs.
Toujours dans une maison pour femmes de Sarajevo, Sejla vit dans la peur de son mari - qui, lui, demeure un homme libre.
« Quand je suis venue ici, j’étais brisée », raconte-t-elle. « Aujourd’hui, je vis dans l’espoir de pouvoir quitter cet endroit, de me trouver un travail et de commencer une nouvelle vie. Mais je ne songe pas à une nouvelle relation. J’ai trop peur ».
(autorizzazione alla riproduzione concessa)
 
La violenza contro le donne non è (del tutto) repressa in Bosnia - La violenza domestica è una realtà diffusa e in gran parte ignorata in Bosnia-Herzegovina. Ben pochi casi sono infatti denunciati alla polizia. Un nuovo progetto di legge, che suscita l'ira delle femministe e delle associazioni di difesa dei diritti della persona, assimilerebbe questa violenza a una offesa semplice, sanabile con un'ammenda
 
Sejla (è un nome di fantasia) si ricorda molto bene la sua vita coniugale: "ha minacciato di uccidermi", dice -, torcendosi le mani nervosamente. "mi colpiva, mi insultava e inveiva contro me", ha confidato a IWPR, una giovane donna che si è rifugiata in una casa di accoglienza assieme al suo bambino di 4 mesi. "Ero in una specie di residenza sorvegliata, non potevo uscire senza scorta." Un giorno, ne ho avuto abbastanza. Una mattina, molto presto, me ne sono andata e ho detto tutto alla polizia, che mi ha presentato a delle persone del centro di lavoro sociale. "La gente come il mio marito dovrebbe stare in prigione." Devono essere perseguiti per tutto quello che fanno alle donne. "Il numero di casi come quello di Sejla aumenta in modo allarmante in Bosnia." Ma invece di punire i colpevoli con più severità, le autorità pensano di considerare la violenza coniugale come un'offesa secondaria, comparabile a un parcheggio non regolamentare, e suscettibile di una semplice ammenda. Le critiche evidenziano come il progetto di legge dimostri che la violenza contro le donne è ancora giudicata "accettabile" in un paese predominato da nazionalisti conservatori.
"Che un gesto violento sia considerato come incartade piuttosto che come un atto criminale ne dice lungo sui valori che il governo cerca di promuovere", spiega Fedra Idzakovic di Global Rights, un organismo dedicato alle donne vittime di violenza. La violenza coniugale è un problema crescente in Bosnia mentre il paese è sempre alle prese con l'eredità della guerra: disoccupazione endemica, sforzo post-traumatico e servizi sociali limitati. Tuttavia, ci sono soltanto cinque case che accolgono donne in fuga in tutto il paese. Ciò ha per risultato che i servizi offerti da gruppi d'appoggio locali fanno fronte ad una domanda molto forte. "abbiamo ricevuto 640 appelli nel corso dei primi 6 mesi della nostra linea d'aiuto telefonico, cosa che dà un'idea dell'ampiezza del fenomeno", afferma Selma Begic, che lavora alla casa di Sarajevo dove vive attualmente Sejla. Ma ciò non appare nelle statistiche. Secondo le cifre della polizia rivelate nel 2002, soltanto 147 incidenti di violenza domestica erano stati riportati nella Federazione.

65% delle donne vittime della violenza domestica
Alcune militanti credono che un recente sondaggio su scala nazionale, eseguito per conto della Local Democracy Foundation, dia una versione più realistica della dimensione del problema. Questo sondaggio, condotto su 4.000 donne, mostra che il 65% di esse ha subito violenze domestiche e che i tre quarti di delle intervistate non avevano denunciato l'accaduto. Le militanti sostengono che queste riserve sono comprensibili, tenuto conto dell'indulgenza dei giudici e dei poliziotti verso questo tipo di crimine. Una recente relazione elaborata da Global Rights e da altre ONG sul trattamento giudiziario riservato ai casi di violenza coniugale ha dimostrato che i giudici avevano tendenza a punire i colpevoli con piccole ammende e che le sentenze di carcerazione costituivano l'eccezione. Secondo il Ministero della Giustizia della Republika Srpska (RS), 51 casi di violenze domestiche sono stati denunciati alla polizia di Banja Luka nel solo anno 2002, ma soltanto due persone sono state imprigionate relativamente a questi eventi.

Una società tradizionale e patriarcale
Alcuni gruppi di diritti umani constatano che la debole proporzione di casi denunciati alle autorità si iscrive in un problema più vasto. Global Rights rileva che "dietro una facciata civilizzata e moderna, la Bosnia nasconde una società profondamente tradizionale e patriarcale ." La violenza è una parte integrante della realtà familiare, ma resta ignorata e non è discussa in pubblico". Le militanti pensano che questo atteggiamento sia profondamente radicato nelle forze di polizia locali. "Anche quando ricevono una formazione adeguata sull'argomento, numerosi poliziotti sembrano sempre credere che sia normale, un giorno o l'altro, di picchiare una donna", deplora la consulente della Casa per le Donne Zehrija Zajkovic. Aggiunge che molti uomini bosniaci hanno tutta l'aria di pensare che uno schiaffo non sia "nulla". I gruppi di sostegno alle donne prevedono che il progetto di legge che relega la violenza coniugale a una semplice divergenza di condotta non cambierà per nulla questi atteggiamenti. "Lo Stato deve efficacemente punire i responsabili della violenza nelle famiglie", dichiara Idzakovic. "Nulla migliorerà se ci si accontenta di trattare la violenza familiare come una bazzeccola ".

Il governo difende il suo progetto
Global Rights fa parte di una coalizione di più di un centinaio di ONG che pressano il governo perché non dia seguito al suo progetto di legge. "Non è stato presentato in pubblico e non c'è stato nessun dibattito a questo riguardo", ha detto Sehic. "Ci opponiamo a una visione che fa della violenza domestica una semplice divergenza di condotta". Ma rappresentanti del governo hanno già detto che il progetto di legge che relativizza la violenza contro le donne non sarà modificato. Un responsabile del ministero della Justice Dzemal Mutapcic dichiara che "tale legge ci permetterà di distinguere le offese secondarie, come il ceffone, da altre offese più serie". Aggiunge anche che altre leggi potevano essere utilizzate per perseguire queste offese "più serie". Le militanti ammettono che alcune disposizioni contenute in altri progetti di legge potrebbero contribuire a ridurre la violenza nelle famiglie. Ad esempio, nella legge sulla famiglia attualmente presentata dal Ministero della Giustizia della Federazione, sarà possibile eliminare le persone violente del focolare e anche rifiutare loro l'accesso alla propria famiglia. Ma la questione delle pene inflitte ai colpevoli resta in piedi.
Le ONG affermano che finché la legge considererà la violenza domestica come una stravaganza e la punirà soltanto con una piccola ammenda, c'è poca speranza di cambiare l'atteggiamento della polizia, dei giudici e dei violenti. Sempre rifugiata in una casa per donne di Sarajevo, Sejla vive nel timore di suo marito che resta un uomo libero.
"Quando sono venuta qui, ero distrutta", dice. "Oggi, vivo nella speranza di poter lasciare questo posto, di trovarmi un lavoro e cominciare una nuova vita. Ma non penso a una nuova relazione. Avrei troppa paura".
(autorizzazione alla riproduzione concessa)
 
© 2005 - Nidzara Ahmetasevic
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traduzione in francese di Stéphane Surprenant
traduzione in italiano di Macondo Tre
 
 
 
 
 
 
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