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le courrier des balkans
 
Le Courrier des Balkans - 5 marzo 2005
di Aida Alic ("IWPR", 4 marzo 2005) - [versione italiana]
 

ultimo aggiornamento
14.12.05 9:56

 
 
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Bosnie: tabou sur les abus sexuels envers les enfants
 
En Bosnie-Herzégovine, les auteurs d’abus sexuels envers les enfants ont peu à craindre d’une société qui évite tout débat sur ce sujet. Le pays n’a toujours pas adopté de législations spécfique et les témoignages sont rares
 
Alija ne paraît pas avoir beaucoup souffert dans sa vie. C’est une jolie jeune fille aux longs cheveux bruns, qui sourit volontiers jusqu’à ce qu’elle se rappelle l’horreur qui lui est arrivée. Alors son sourire disparaît, l’éclat de ses yeux s’éteint et elle se met nerveusement à prendre une cigarette après l’autre dans son sac.
«J’aimais vraiment mon grand-père. Je lui faisais confiance. C’était lui que je préférais», explique Alija, qui ne témoigne pas sous son vrai prénom. Je n’ai jamais pensé qu’il était capable d’être aussi répugnant».
Le grand-père d’Alija, en fait le second mari de sa grand-mère, a commencé à commettre des abus sur elle dès sa septième année. «Il m’a demandé de lui toucher le pénis, ce que j’ai refusé de faire. Alors, il m’a pris la main et m’a forcé à le faire en disant qu’il fallait que personne ne le sache. Il s’arrangeait toujours pour être seul avec moi, il fallait alors que je garde mon calme et prétende que tout allait bien».
Une histoire comme celle d’Alija fait partie de celle qui n’apparaissent pratiquement jamais ni dans les journaux, ni à la radio ni à la télévision. Les abus sexuels sur les enfants sont un sujet tabou en Bosnie-Herzégovine, où aucun mesure légale n’a encore été prise sur ce sujet.
«Ce n’est pas considéré comme prioritaire», explique Slobodan Nagredic, vice-ministre pour les Droits de la personne et les réfugiés et président du Conseil pour les Enfants.
Il a ajouté que l’État prenait maintenant des mesures sur cette question. Il faisait référence à un rapport de son ministère pour faire adopter une convention mettant hors la loi la discrimination contre les femmes, et qui se référait directement aux abus sexuels contre les enfants.
Faisant le détail de tous les cas récemment connus, ce rapport a identifié 90 victimes de 1996 à 2002, dont 68 filles de moins de 14 ans.

Pas de législation spécifique
Le rapport ministériel a, au moins, levé le voile et mis la question sur le devant de la scène, mais la Bosnie n’a toujours pas adopté de législation contre la violence familiale, alors que le Comité d’Helsinki pose la question depuis 2000.
Mirsada Poturkovic, directrice du Centre du travail social, pense quant à elle que l’adoption d’une nouvelle loi permettrait aux autorités d’être plus efficaces pour empêcher les abus sexuels envers les enfants et pourrait conduire à la fondation d’institutions spéciales et de maisons protégées pour les victimes.
Mais personne n’a vraiment confiance dans les lois. Dusko Tomic, chef de la section de Sarajevo de la Première Ambassade des Enfants - Medjashi, une ONG qui se bat pour les droits des enfants, estime qu’ adopter une loi ne changerait pas grand-chose. «La violence fait partie de la vie en Bosnie», estime-t-il.
Zlatko Ilic, coordinateur du département des droits des enfants auprès de l’institution du médiateur de la Fédération de Bosnie est aussi très sceptique, en ajoutant qu’il sera difficile de punir les abus sexuels envers les enfants dans une société où cela demeure un secret bien gardé.
«Nous sommes incapables de rassembler des informations sur ces crimes contre les enfants, parce que personne ne vient nous en parler. Les citoyens prennent ces violences comme un simple fait, présenté par les médias». Le cas d’Alija est hors du commun. Elle a trouvé le courage de raconter à une amie ce qui lui était arrivé, sans rencontrer ni sympathie ni compréhension.
«Quand j’ai dit à ma copine ce qui était arrivé, elle a cessé de se comporter comme mon amie. Elle s’est conduite avec moi, comme si j’étais handicapée mentale», explique Alija.
Nasiha Osmanovic, travailleuse sociale de l’ONG Barcelona ADL dans un quartier de Sarajevo, qui aide les femmes battues ainsi que les enfants, explique que la plupart des enfants se taisent sur leurs bourreaux ce qui n’aide pas à démasquer ces derniers, ni à faire face au problème. « Les bourreaux mettent leurs victimes dans une position de soumission et les obligent à se taire ».
Ce qui rend très difficile d’apprécier l’étendue du problème. « Il nous est arrivé d’avoir des gens qui sanglotaient au téléphone, qui nous appelaient quatre fois par nuit, pour essayer de nous dire quelque chose », explique Dusko Tomic. « Ils n’y arrivaient pas. Ils ne pouvaient pas retenir leurs larmes ».
Alija explique que son expérience l’a marquée et lui a donné la détermination de n’en plus parler. Elle n’a jamais raconté que son grand-père l’avait maltraité. "Mon intention de garder secret ce qui s’est passé le restant de ma vie est de plus en plus forte. Le mal est fait".
Mladen Milosavljvic, un expert auprès d’enfants victimes de sévices sexuels , explique que même quand les auteurs de telles attaques sont arrêtés, ce qui arrive rarement, les condamnations sont légères. La cour suprême prononce de courtes condamnations d’emprisonnement ou même des peines avec sursis».
En racontant les quelques cas où il était intervenu, il a ajouté : La cour suprême a acquitté le bourreau d’une fillette de quatre ans, et deux autres ont été condamnés à 30 et 18 mois».
Après avoir accompli leurs peines souvent courtes, les bourreaux n’ont pas l’obligation de garder le contact avec les services de l’État.

Les bourreaux impunis
«La loi est de leur côté », explique Dusko Tomic. «En Occident, de telles personnes sont stigmatisées pour le restant de leur vie. Ici, il leur suffit d’aller ailleurs et de faire sévir des sévices à d’autres enfants».
Ajla remarque amèrement que le grand-père qui a trahi sa confiance, reste une personne respectée dans sa communauté où il continue de vivre à quelques kilomètres de chez sa petite-fille. «C’est toujours un membre respectable de la communauté religieuse, un retraité honnête et un père de famille attentif».
(autorizzazione alla riproduzione concessa)
 
Bosnia: tabù sugli abusi sessuali verso i bambini - in Bosnia Erzegovina, gli autori di abusi sessuali verso i bambini devono temere poco da una società che evita ogni dibattito su questo argomento. Il paese non ha ancora adottato legislazioni specifiche e le testimonianze sono rare
 

Alija non sembra avere molto sofferto nella sua vita. È graziosa, una giovane donna dai lunghi capelli castani, che sorride volentieri fino a che si ricorda l'orrore che ha vissuto. Allora il suo sorriso scompare, la luce dei suoi occhi si estingue e si mette nervosamente a cercare una sigaretta dietro l'altra nella sua borsa. "Amavo davvero mio nonno. Avevo fiducia in lui. Era lui che preferivo " spiega Alija, che testimonia sotto falso nome ."Non avrei mai creduto che potesse ancheessere ripugnante."
Il nonno di Alija, in realtà secondo marito di sua nonna, ha iniziato a commettere abusi su di lei fin dal settimo anno di età. "Mi ha chiesto di toccargli il pene, cosa che ho rifiutato di fare". Allora, mi ha preso la mano e mi ha forzata a farlo, dicendomi che nessuno avrebbe dovuto saperlo. Faceva sempre in modo di essere solo con me, e io ero obbligata a conservare la calma e a sostenere che tutto andava bene".
La storia di Alija fa parte di quelle storie che non appaiono praticamente mai né nei giornali, né alla radio né alla televisione. Gli abusi sessuali sui bambini sono un argomento tabù in Bosnia-Herzegovina, dove nessuna misura legale è stato ancora preso su quest'argomento.
"Purtroppo non è considerato prioritario", spiega Slobodan Nagredic, vice-ministro per i diritti della persona e dei rifugiati, nonché presidente del Consiglio per l'Infanzia, aggiungendo anche che è ora che lo stato prenda delle misure su questa questione.
Egli faceva riferimento a un rapporto del suo ministero per fare adottare una convenzione che metta fuori legge la discriminazione contro le donne, e che si riferisce direttamente agli abusi sessuali contro i bambini.
Riferendosi ai soli casi noti, questo rapporto ha identificato 90 vittime dal 1996 al 2002, di cui 68 bambine sotto i 14 anni.

Nessuna legislazione specifica
La relazione ministeriale ha almeno tolto il velo e ha posto la questione come prioritaria; la Bosnia infatti non ha ancora adottato alcuna legislazione contro la
violenza familiare, mentre il Comitato di Helsinki pone la questione fin dal 2000. Mirsada Poturkovic, direttore del centro del lavoro sociale, pensa da parte sua che l'adozione di una nuova legge permetterebbe alle autorità di essere più efficaci nell'impedire gli abusi sessuali verso i bambini e potrebbe condurre alla fondazione di istituzioni speciali e di case protette per le vittime. Ma nessuno ha realmente fiducia nelle leggi. Dusko Tomic capo della sezione di Sarajevo della prima Ambasciata dei Bambini - Medjashi, una ONG che si batte per i diritti dei bambini, ritiene che adottare una legge servirebbe a poco. "La violenza fa parte della vita in Bosnia", dice.
Anche Zlatko Ilic, coordinatore del dipartimento dei diritti dei bambini presso l'istituzione del mediatore della Federazione della Bosnia, è molto scettico: Egli pensa che sarà difficile punire gli abusi sessuali verso i bambini in una società in cui ciò rimane un segreto ben conservato. "Siamo incapaci di raccogliere informazioni su questi crimini contro i bambini, perché nessuno viene a parlarcene." I cittadini prendono queste violenze come un semplice dato di fatto, presentato dai mass media.
Il caso di Alija è fuori del comune. Ha trovato il coraggio a parlare a un'amica di ciò che le era capitato, senza incontrare né compassione né comprensione. "Quando ho detto alla mia compagna ciò che era successo, ha cessato di comportarsi come mia amica. Si è comportata con me, come se fossi una minorata mentale", spiega Alija.
Nasiha Osmanovic impegnata nell'ONG Barcelona ADL in un quartiere di Sarajevo, che aiuta le donne e i bambini, spiega che la maggior parte dei bambini tace sui loro boia e questo non aiuta a scoprire i carnefici, né fare fronte al problema. "I boia sottomettono le loro vittime e le costringono a tacere". Cosa che rende molto difficile apprezzare la dimensione del problema.
"Ci è successo di avere di avere gente che singhiozzava al telefono, che ci chiamava quattro volte per notte, per provare a dirci qualcosa", spiega Dusko Tomic. "Non riuscivano a trattenere le lacrime". Alija spiega che la sua esperienza l'ha segnata e le ha dato la determinazione di non di parlarne più. Non ha mai detto che suo
nonno l'aveva maltrattata. "La mia intenzione di conservare segreto ciò che è avvenuto per il resto della mia vita. Il male ormai è stato fatto."
Mladen Milosavljvic un esperto di bambini vittime di violenze sessuali, spiega che anche quando gli autori di tali crimini vengono fermati, cosa che succede di rado, le condanne sono leggere. La corte suprema pronuncia brevi condanne d'imprigionamento o anche pene con sospensione della pena".
Raccontando alcuni casi in cui era intervenuto, ha aggiunto: "la corte
suprema ha liberato il boia di una ragazza di quattro anni, e gli altri due sono stati condannati a 30 e 18 mesi." Dopo avere scontato le loro pene spesso brevi, i boia non hanno l'obbligo di conservare il contatto con i servizi dello Stato.

I boia impuniti
"La legge è dalla loro parte", spiega Dusko Tomic. "In occidente, queste persone sono stigmatizzate per il resto della loro vita." Qui gli basta cambiare aria e continuare a seviziare altri bambini". Ajla osserva amaramente che il nonno che ha tradito la sua fiducia, resta una persona rispettata nella sua comunità in cui
continua a vivere ad alcuni chilometri della nipote. "È sempre un membro rispettabile della Comunità religiosa, un pensionato onesto e un padre di famiglia premuroso".
(autorizzazione alla riproduzione concessa)

 
© 2005 - Aida Alic
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traduzione in francese di Pierre Dérens
traduzione in italiano di Macondo Tre
 
 
 
 
 
 
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