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ultimo
aggiornamento
14.12.05 9:56
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 En
Bosnie-Herzégovine,
les
auteurs
d’abus
sexuels
envers
les
enfants
ont
peu
à
craindre
d’une
société
qui
évite
tout
débat
sur
ce
sujet.
Le
pays
n’a
toujours
pas
adopté
de
législations
spécfique
et
les
témoignages
sont
rares |
| |
Alija
ne
paraît
pas
avoir
beaucoup
souffert
dans
sa
vie.
C’est
une
jolie
jeune
fille
aux
longs
cheveux
bruns,
qui
sourit
volontiers
jusqu’à
ce
qu’elle
se
rappelle
l’horreur
qui
lui
est
arrivée.
Alors
son
sourire
disparaît,
l’éclat
de
ses
yeux
s’éteint
et
elle
se
met
nerveusement
à
prendre
une
cigarette
après
l’autre
dans
son
sac.
«J’aimais
vraiment
mon
grand-père.
Je
lui
faisais
confiance.
C’était
lui
que
je
préférais»,
explique
Alija,
qui
ne
témoigne
pas
sous
son
vrai
prénom.
Je
n’ai
jamais
pensé
qu’il
était
capable
d’être
aussi
répugnant».
Le
grand-père
d’Alija,
en
fait
le
second
mari
de
sa
grand-mère,
a commencé
à
commettre
des
abus
sur
elle
dès
sa
septième
année.
«Il
m’a
demandé
de
lui
toucher
le
pénis,
ce
que
j’ai
refusé
de
faire.
Alors,
il
m’a
pris
la
main
et
m’a
forcé
à
le
faire
en
disant
qu’il
fallait
que
personne
ne
le
sache.
Il
s’arrangeait
toujours
pour
être
seul
avec
moi,
il
fallait
alors
que
je
garde
mon
calme
et
prétende
que
tout
allait
bien».
Une
histoire
comme
celle
d’Alija
fait
partie
de
celle
qui
n’apparaissent
pratiquement
jamais
ni
dans
les
journaux,
ni
à
la
radio
ni
à
la
télévision.
Les
abus
sexuels
sur
les
enfants
sont
un
sujet
tabou
en
Bosnie-Herzégovine,
où
aucun
mesure
légale
n’a
encore
été
prise
sur
ce
sujet.
«Ce
n’est
pas
considéré
comme
prioritaire»,
explique
Slobodan
Nagredic,
vice-ministre
pour
les
Droits
de
la
personne
et
les
réfugiés
et
président
du
Conseil
pour
les
Enfants.
Il
a ajouté
que
l’État
prenait
maintenant
des
mesures
sur
cette
question.
Il
faisait
référence
à
un
rapport
de
son
ministère
pour
faire
adopter
une
convention
mettant
hors
la
loi
la
discrimination
contre
les
femmes,
et
qui
se
référait
directement
aux
abus
sexuels
contre
les
enfants.
Faisant
le
détail
de
tous
les
cas
récemment
connus,
ce
rapport
a identifié
90
victimes
de
1996
à
2002,
dont
68
filles
de
moins
de
14
ans.
Pas
de
législation
spécifique
Le
rapport
ministériel
a,
au
moins,
levé
le
voile
et
mis
la
question
sur
le
devant
de
la
scène,
mais
la
Bosnie
n’a
toujours
pas
adopté
de
législation
contre
la
violence
familiale,
alors
que
le
Comité
d’Helsinki
pose
la
question
depuis
2000.
Mirsada
Poturkovic,
directrice
du
Centre
du
travail
social,
pense
quant
à
elle
que
l’adoption
d’une
nouvelle
loi
permettrait
aux
autorités
d’être
plus
efficaces
pour
empêcher
les
abus
sexuels
envers
les
enfants
et
pourrait
conduire
à
la
fondation
d’institutions
spéciales
et
de
maisons
protégées
pour
les
victimes.
Mais
personne
n’a
vraiment
confiance
dans
les
lois.
Dusko
Tomic,
chef
de
la
section
de
Sarajevo
de
la
Première
Ambassade
des
Enfants
- Medjashi,
une
ONG
qui
se
bat
pour
les
droits
des
enfants,
estime
qu’
adopter
une
loi
ne
changerait
pas
grand-chose.
«La
violence
fait
partie
de
la
vie
en
Bosnie»,
estime-t-il.
Zlatko
Ilic,
coordinateur
du
département
des
droits
des
enfants
auprès
de
l’institution
du
médiateur
de
la
Fédération
de
Bosnie
est
aussi
très
sceptique,
en
ajoutant
qu’il
sera
difficile
de
punir
les
abus
sexuels
envers
les
enfants
dans
une
société
où
cela
demeure
un
secret
bien
gardé.
«Nous
sommes
incapables
de
rassembler
des
informations
sur
ces
crimes
contre
les
enfants,
parce
que
personne
ne
vient
nous
en
parler.
Les
citoyens
prennent
ces
violences
comme
un
simple
fait,
présenté
par
les
médias».
Le
cas
d’Alija
est
hors
du
commun.
Elle
a trouvé
le
courage
de
raconter
à
une
amie
ce
qui
lui
était
arrivé,
sans
rencontrer
ni
sympathie
ni
compréhension.
«Quand
j’ai
dit
à
ma
copine
ce
qui
était
arrivé,
elle
a cessé
de
se
comporter
comme
mon
amie.
Elle
s’est
conduite
avec
moi,
comme
si
j’étais
handicapée
mentale»,
explique
Alija.
Nasiha
Osmanovic,
travailleuse
sociale
de
l’ONG
Barcelona
ADL
dans
un
quartier
de
Sarajevo,
qui
aide
les
femmes
battues
ainsi
que
les
enfants,
explique
que
la
plupart
des
enfants
se
taisent
sur
leurs
bourreaux
ce
qui
n’aide
pas
à
démasquer
ces
derniers,
ni
à
faire
face
au
problème.
«
Les
bourreaux
mettent
leurs
victimes
dans
une
position
de
soumission
et
les
obligent
à
se
taire
».
Ce
qui
rend
très
difficile
d’apprécier
l’étendue
du
problème.
«
Il
nous
est
arrivé
d’avoir
des
gens
qui
sanglotaient
au
téléphone,
qui
nous
appelaient
quatre
fois
par
nuit,
pour
essayer
de
nous
dire
quelque
chose
»,
explique
Dusko
Tomic.
«
Ils
n’y
arrivaient
pas.
Ils
ne
pouvaient
pas
retenir
leurs
larmes
».
Alija
explique
que
son
expérience
l’a
marquée
et
lui
a donné
la
détermination
de
n’en
plus
parler.
Elle
n’a
jamais
raconté
que
son
grand-père
l’avait
maltraité.
"Mon
intention
de
garder
secret
ce
qui
s’est
passé
le
restant
de
ma
vie
est
de
plus
en
plus
forte.
Le
mal
est
fait".
Mladen
Milosavljvic,
un
expert
auprès
d’enfants
victimes
de
sévices
sexuels
, explique
que
même
quand
les
auteurs
de
telles
attaques
sont
arrêtés,
ce
qui
arrive
rarement,
les
condamnations
sont
légères.
La
cour
suprême
prononce
de
courtes
condamnations
d’emprisonnement
ou
même
des
peines
avec
sursis».
En
racontant
les
quelques
cas
où
il
était
intervenu,
il
a ajouté
: La
cour
suprême
a acquitté
le
bourreau
d’une
fillette
de
quatre
ans,
et
deux
autres
ont
été
condamnés
à
30
et
18
mois».
Après
avoir
accompli
leurs
peines
souvent
courtes,
les
bourreaux
n’ont
pas
l’obligation
de
garder
le
contact
avec
les
services
de
l’État.
Les
bourreaux
impunis
«La
loi
est
de
leur
côté
»,
explique
Dusko
Tomic.
«En
Occident,
de
telles
personnes
sont
stigmatisées
pour
le
restant
de
leur
vie.
Ici,
il
leur
suffit
d’aller
ailleurs
et
de
faire
sévir
des
sévices
à
d’autres
enfants».
Ajla
remarque
amèrement
que
le
grand-père
qui
a trahi
sa
confiance,
reste
une
personne
respectée
dans
sa
communauté
où
il
continue
de
vivre
à
quelques
kilomètres
de
chez
sa
petite-fille.
«C’est
toujours
un
membre
respectable
de
la
communauté
religieuse,
un
retraité
honnête
et
un
père
de
famille
attentif».
(autorizzazione
alla
riproduzione
concessa)
|
|
|
|
Bosnia:
tabù
sugli
abusi
sessuali
verso
i bambini
- in
Bosnia
Erzegovina,
gli
autori
di
abusi
sessuali
verso
i bambini
devono
temere
poco
da
una
società
che
evita
ogni
dibattito
su
questo
argomento.
Il
paese
non
ha
ancora
adottato
legislazioni
specifiche
e le
testimonianze
sono
rare |
| |
Alija
non
sembra
avere
molto
sofferto
nella
sua
vita.
È
graziosa,
una
giovane
donna
dai
lunghi
capelli
castani,
che
sorride
volentieri
fino
a
che
si
ricorda
l'orrore
che
ha
vissuto.
Allora
il
suo
sorriso
scompare,
la
luce
dei
suoi
occhi
si
estingue
e
si
mette
nervosamente
a
cercare
una
sigaretta
dietro
l'altra
nella
sua
borsa.
"Amavo
davvero
mio
nonno.
Avevo
fiducia
in
lui.
Era
lui
che
preferivo
"
spiega
Alija,
che
testimonia
sotto
falso
nome
."Non
avrei
mai
creduto
che
potesse
ancheessere
ripugnante."
Il
nonno
di
Alija,
in
realtà
secondo
marito
di
sua
nonna,
ha
iniziato
a
commettere
abusi
su
di
lei
fin
dal
settimo
anno
di
età.
"Mi
ha
chiesto
di
toccargli
il
pene,
cosa
che
ho
rifiutato
di
fare".
Allora,
mi
ha
preso
la
mano
e
mi
ha
forzata
a
farlo,
dicendomi
che
nessuno
avrebbe
dovuto
saperlo.
Faceva
sempre
in
modo
di
essere
solo
con
me,
e
io
ero
obbligata
a
conservare
la
calma
e
a
sostenere
che
tutto
andava
bene".
La
storia
di
Alija
fa
parte
di
quelle
storie
che
non
appaiono
praticamente
mai
né
nei
giornali,
né
alla
radio
né
alla
televisione.
Gli
abusi
sessuali
sui
bambini
sono
un
argomento
tabù
in
Bosnia-Herzegovina,
dove
nessuna
misura
legale
è
stato
ancora
preso
su
quest'argomento.
"Purtroppo
non
è
considerato
prioritario",
spiega
Slobodan
Nagredic,
vice-ministro
per
i
diritti
della
persona
e
dei
rifugiati,
nonché
presidente
del
Consiglio
per
l'Infanzia,
aggiungendo
anche
che
è
ora
che
lo
stato
prenda
delle
misure
su
questa
questione.
Egli
faceva
riferimento
a
un
rapporto
del
suo
ministero
per
fare
adottare
una
convenzione
che
metta
fuori
legge
la
discriminazione
contro
le
donne,
e
che
si
riferisce
direttamente
agli
abusi
sessuali
contro
i
bambini.
Riferendosi
ai
soli
casi
noti,
questo
rapporto
ha
identificato
90
vittime
dal
1996
al
2002,
di
cui
68
bambine
sotto
i
14
anni.
Nessuna
legislazione
specifica
La
relazione
ministeriale
ha
almeno
tolto
il
velo
e
ha
posto
la
questione
come
prioritaria;
la
Bosnia
infatti
non
ha
ancora
adottato
alcuna
legislazione
contro
la
violenza
familiare,
mentre
il
Comitato
di
Helsinki
pone
la
questione
fin
dal
2000.
Mirsada
Poturkovic,
direttore
del
centro
del
lavoro
sociale,
pensa
da
parte
sua
che
l'adozione
di
una
nuova
legge
permetterebbe
alle
autorità
di
essere
più
efficaci
nell'impedire
gli
abusi
sessuali
verso
i
bambini
e
potrebbe
condurre
alla
fondazione
di
istituzioni
speciali
e
di
case
protette
per
le
vittime.
Ma
nessuno
ha
realmente
fiducia
nelle
leggi.
Dusko
Tomic
capo
della
sezione
di
Sarajevo
della
prima
Ambasciata
dei
Bambini
-
Medjashi,
una
ONG
che
si
batte
per
i
diritti
dei
bambini,
ritiene
che
adottare
una
legge
servirebbe
a
poco.
"La
violenza
fa
parte
della
vita
in
Bosnia",
dice.
Anche
Zlatko
Ilic,
coordinatore
del
dipartimento
dei
diritti
dei
bambini
presso
l'istituzione
del
mediatore
della
Federazione
della
Bosnia,
è
molto
scettico:
Egli
pensa
che
sarà
difficile
punire
gli
abusi
sessuali
verso
i
bambini
in
una
società
in
cui
ciò
rimane
un
segreto
ben
conservato.
"Siamo
incapaci
di
raccogliere
informazioni
su
questi
crimini
contro
i
bambini,
perché
nessuno
viene
a
parlarcene."
I
cittadini
prendono
queste
violenze
come
un
semplice
dato
di
fatto,
presentato
dai
mass
media.
Il
caso
di
Alija
è
fuori
del
comune.
Ha
trovato
il
coraggio
a
parlare
a
un'amica
di
ciò
che
le
era
capitato,
senza
incontrare
né
compassione
né
comprensione.
"Quando
ho
detto
alla
mia
compagna
ciò
che
era
successo,
ha
cessato
di
comportarsi
come
mia
amica.
Si
è
comportata
con
me,
come
se
fossi
una
minorata
mentale",
spiega
Alija.
Nasiha
Osmanovic
impegnata
nell'ONG
Barcelona
ADL
in
un
quartiere
di
Sarajevo,
che
aiuta
le
donne
e
i
bambini,
spiega
che
la
maggior
parte
dei
bambini
tace
sui
loro
boia
e
questo
non
aiuta
a
scoprire
i
carnefici,
né
fare
fronte
al
problema.
"I
boia
sottomettono
le
loro
vittime
e
le
costringono
a
tacere".
Cosa
che
rende
molto
difficile
apprezzare
la
dimensione
del
problema.
"Ci
è
successo
di
avere
di
avere
gente
che
singhiozzava
al
telefono,
che
ci
chiamava
quattro
volte
per
notte,
per
provare
a
dirci
qualcosa",
spiega
Dusko
Tomic.
"Non
riuscivano
a
trattenere
le
lacrime".
Alija
spiega
che
la
sua
esperienza
l'ha
segnata
e
le
ha
dato
la
determinazione
di
non
di
parlarne
più.
Non
ha
mai
detto
che
suo
nonno
l'aveva
maltrattata.
"La
mia
intenzione
di
conservare
segreto
ciò
che
è
avvenuto
per
il
resto
della
mia
vita.
Il
male
ormai
è
stato
fatto."
Mladen
Milosavljvic
un
esperto
di
bambini
vittime
di
violenze
sessuali,
spiega
che
anche
quando
gli
autori
di
tali
crimini
vengono
fermati,
cosa
che
succede
di
rado,
le
condanne
sono
leggere.
La
corte
suprema
pronuncia
brevi
condanne
d'imprigionamento
o
anche
pene
con
sospensione
della
pena".
Raccontando
alcuni
casi
in
cui
era
intervenuto,
ha
aggiunto:
"la
corte
suprema
ha
liberato
il
boia
di
una
ragazza
di
quattro
anni,
e
gli
altri
due
sono
stati
condannati
a
30
e
18
mesi."
Dopo
avere
scontato
le
loro
pene
spesso
brevi,
i
boia
non
hanno
l'obbligo
di
conservare
il
contatto
con
i
servizi
dello
Stato.
I
boia
impuniti
"La
legge
è
dalla
loro
parte",
spiega
Dusko
Tomic.
"In
occidente,
queste
persone
sono
stigmatizzate
per
il
resto
della
loro
vita."
Qui
gli
basta
cambiare
aria
e
continuare
a
seviziare
altri
bambini".
Ajla
osserva
amaramente
che
il
nonno
che
ha
tradito
la
sua
fiducia,
resta
una
persona
rispettata
nella
sua
comunità
in
cui
continua
a
vivere
ad
alcuni
chilometri
della
nipote.
"È
sempre
un
membro
rispettabile
della
Comunità
religiosa,
un
pensionato
onesto
e
un
padre
di
famiglia
premuroso".
(autorizzazione
alla
riproduzione
concessa)
|
| |
 |
©
2005
- Aida
Alic

- 
traduzione
in
francese
di
Pierre
Dérens
traduzione
in
italiano
di
Macondo
Tre |
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