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le courrier des balkans
 
Le Courrier des Balkans - 31 gennaio 2006
di Sead Numanovic ( "Dnevni Avaz " [Sarajevo] , 24 gennaio 2006) -
[versione italiana]
 

ultimo aggiornamento
25.10.07 18:33

 
 
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L’Europe peut encore fermer ses portes à la Bosnie-Herzégovine
 
Les portes de l’Europe peuvent toujours se refermer pour la Bosnie-Herzégovine, met en garde l’ancien Haut représentant international Wolfgang Petritsch, qui évoque notamment le risque d’un échec des négociations sur les changements constitutionnels
 
«Les conséquences de cet échec pourraient être très dangereuses pour la Bosnie-Herzégovine. L’atmosphère en Europe après les référendums manqués sur la Constitution européenne en France et en Hollande a drastiquement changé, et devient défavorable à l’élargissement. Si la Bosnie envoie le message qu’il n’est pas possible de procéder aux changements constitutionnels nécessaires pour que le pays se rapproche de l’Europe, alors la réponse de l’Europe sera très facile à prévoir », avertit Wolfgang Petritsch.

Dnevni Avaz
Que pouvons-nous faire ?
Wolfgang Petritsch
L’opinion publique doit demander aux responsables politiques de se mettre d’accord. Tout simplement, les citoyens doivent faire entendre leur opinion, dire qu’ils n’accepteront pas une politique qui éloigne la Bosnie de l’Europe. Ensuite, la communauté internationale doit clairement dire que cette réforme doit s’accomplir. J’ai été très déçu de voir que la question des changements de la Constitution de la Bosnie-Herzégovine avait tellement peu d’importance dans les cercles dirigeants de la communauté internationale. Je me rappelle que les responsables politiques, au moins ceux des partis démocratiques de Bosnie, après l’accord Sarajevo-Mrakovica, étaient prêts à poursuivre ce processus. Il y a même eu, si vous vous en souvenez, un forum civil, constitué d’intellectuels, d’hommes d’affaires, d’étudiants, etc, qui étaient pour la poursuite de la réforme. Maintenant, on voit qu’elle était très importante et qu’il aurait fallu poursuivre. Le travail sur les fondements et sur l’esprit de cet accord aurait dû être une pré-condition pour que de nouvelles autorités prennent leurs fonctions.

Dnevni Avaz
On a quand même engagé d’autres réformes...
Wolfgang Petritsch
Oui. Sans doute, les réformes dans les sphères de la défense, du système fiscal, de la communauté d’informations, etc, sont-elles très importantes et on a là de grands succès. Mais, après l’accord Sarajevo-Mrakovica, il y avait un élan qui aurait dû être poursuivi. Cela aurait pu être un processus qui se déroulerait indépendamment de ces changements, et la communauté internationale aurait dû le soutenir et l’encourager. Ensuite, cette question reste ouverte et on doit en finir avec elle. Je suis désolé car la communauté internationale a raté une opportunité d’institutionnaliser les pourparlers sur les changements de la Constitution de la Bosnie-Herzégovine et de les inscrire dans un processus durable.

Dnevni Avaz
Vous faites une critique de la communauté internationale assez sévère. Vos collègues diplomates de Sarajevo pourraient sûrement vous répondre ?
Wolfgang Petritsch
Regardez, presque quatre années sont passées depuis les accords de Mrakovica, et nous trébuchons toujours sur les questions que personne ne traite. Donald Hays a fait un travail excellant et je l’admire à cause des efforts qu’il effectue pour qu’on se mette d’accord sur les changements de la Constitution. Mais il n’y a pas de résultats.
S’il n’y a pas d’accord...

Dnevni Avaz
Et s’il n’y a pas d’accord ?
Wolfgang Petritsch
Alors, l’opinion européenne et l’UE diront qu’il n’y a pas d’élargissement. La porte de l’Europe pourrait se refermer au nez de la Bosnie-Herzégovine, et rester close pour plusieurs années. Bien sûr, cela serait terrible et je suis catégoriquement contre une telle hypothèse, mais s’il n’y a pas de progrès en Bosnie, alors les choses sont claires.

Dnevni Avaz
Et pourtant les négociations commencent pour l’accord de stabilisation et d’association de la BiH à l’UE . Comment percevez-vous cela ?
Wolfgang Petritsch
C’est une chose très positive. Mais, le processus de stabilisation et d’association se heurtera tôt ou tard aux défauts de la Constitution de la Bosnie. Tout simplement, avec la situation constitutionnelle actuelle, je ne vois pas comment ces négociations pourraient s’achever dans peu de temps. Bonne chance au nouveau Haut représentant.

Dnevni Avaz
Que pensez-vous du nouveau Haut représentant international ?
Wolfgang Petritsch
Christian Schwartz - Schilling connaît très bien la situation en Bosnie-Herzégovine. Il a une très grande expérience de travail dans ce pays, sa méthode de travail suppose l’inclusion de tous les acteurs dans le processus, et c’est justement ce dont nous avons besoin aujourd’hui en Bosnie. Dix ans après Dayton, les Bosniens doivent finalement prendre le destin de leur pays dans leurs propres mains. Mais Christian Schwartz - Schilling réussira dans la mesure où les dirigeants politiques bosniens le lui permettront. Je ne doute pas qu’il fera tout de son mieux, mais ce qui pose des limites, c’est le caractère même des structures de la Bosnie, qui sont telles qu’elles sont, pleines des barrières et de procédures compliquées. Le Kosovo, comme la Bosnie ?

Dnevni Avaz
Et que vous inspire la situation au Kosovo ?
Wolfgang Petritsch
La nouvelle du décès imprévu du Président Ibrahim Rugova arrive à un moment crucial pour le Kosovo. Mais j’espère que les responsables politiques seront assez mûrs pour trouver rapidement un successeur à Rugova, et qu’ils poursuivront les changements démocratiques. Nous nous attendons à ce que les leaders du Kosovo soient capables de répondre aux attentes de l’Europe. Eux aussi, ils doivent viser un compromis qui puisse satisfaire tous les citoyens du Kosovo. Il est évident que cela est extrêmement difficile, mais un tel résultat doit être atteint. Dans une première phase des négociations sur le statut du Kosovo, nous devrons nous concentrer sur la décentralisation, le retour des réfugiés et de leur propriétés. Cela est une pré-condition pour une juste solution de la question de Kosovo. Le groupe de contact a dit clairement que le Kosovo ne pouvait plus faire part de la Serbie. Mais, d’un autre coté, l’indépendance inconditionnelle n’est pas une solution non plus, même en ce qui concerne le gouvernement ou les réformes économiques. Cela sera le problème du Kosovo dans les années à venir. La communauté internationale restera donc engagée au Kosovo et son mandat ressemblera partiellement à la situation en Bosnie-Herzégovine après Dayton.
(autorizzazione alla riproduzione concessa)
 
L'Europa può ancora chiudere le sue porte alla Bosnia Erzegovina - le porte dell’Europa possono ancora chiudersi per la Bosnia Erzegovina, mette in guardia l'ex Alto Rappresentante internazionale Wolfgang Petritsch, che evoca in particolare il rischio di uno scacco dei negoziati sui cambiamenti costituzionali
 
I"Le conseguenze di questo scacco potrebbero essere molto pericolose per la Bosnia Erzegovina. L’atmosfera in Europa dopo i referendum falliti sulla Costituzione europea in Francia e in Olanda è drasticamente cambiata e diventa favorevole all'allargamento. Se la Bosnia da' il segnale che non è possibile procedere ai cambiamenti istituzionali necessari affinché il paese si avvicini all'Europa, allora la risposta di quest'ultima sarà facile da prevedere", avverte Wolfgang Petritsch.

Dnevni Avaz
Che possiamo fare?
Wolfgang Petritsch
L’opinione pubblica deve chiedere ai responsabili politici di mettersi d'accordo. Più semplicemente, i cittadini devono fare sentire la loro opinione, dire che non accetteranno una politica che allontana la Bosnia dall’Europa. Poi, la comunità internazionale deve chiaramente dire che questa riforma deve compiersi. Sono stato molto deluso di vedere che la questione dei cambiamenti della Costituzione dell Bosnia Erzegovina aveva così poca importanza tra i dirigenti della comunità internazionale. Mi ricordo che i responsabili politici, almeno quelli dei partiti democratici bosniaci, dopo l'accordo Sarajevo-Mrakovica, erano pronti a perseguire questo processo. C'è anche stato, se ve ne ricordate, un forum civile costituito da intellettuali, da uomini d'affari, da studenti, ecc., che erano per il raggiungimento della riforma. Ora vediamo che è molto importante e che sarebbe stato necessario proseguire. Il lavoro sulle basi e sullo spirito di quest'accordo avrebbe dovuto essere una precondizione affinché nuove autorità assumano le loro funzioni.

Dnevni Avaz
Si sono comunque avviate altre riforme...
Wolfgang Petritsch
Sì. Certamente, le riforme nell'ambito della difesa, del sistema fiscale, della Comunità di informazioni, ecc., sono molto importanti e si sonono avuti grandi successi. Ma, dopo l'accordo Sarajevo-Mrakovica, c'era uno slancio che avrebbe dovuto essere proseguito. Ciò avrebbe potuto essere un processo che si si sarebbe svolto indipendentemente da questi cambiamenti, e la Comunità internazionale avrebbe dovuto sostenerlo ed incoraggiarlo. In seguito, la questione resta aperta e si deve risolverla. Sono spiacente poiché la Comunità internazionale ha perso l'opportunità di istituzionalizzare i negoziati sui cambiamenti della costituzione della Bosnia Erzegovina e iscriverli in un processo duraturo.

Dnevni Avaz
Avete fatto una critica della Comunità internazionale abbastanza rigorosa. I vostri colleghi diplomatici di Sarajevo potrebbero rispondervi?
Wolfgang Petritsch
Guardate, quasi quattro anni sono passati dagli accordi di Mrakovica, ed inciampiamo sempre sulle questioni che nessuno tratta. Donald Hays ha fatto un lavoro eccellente e io lo ammiro a causa degli sforzi che effettua per mettersi d'accordo sui cambiamenti della costituzione. Ma non ci sono risultati. Se non ci sono accordi...

Dnevni Avaz
E se non ci sono accordi?
Wolfgang Petritsch
Bene, l'opinione europea e l'Ue diranno che non c'è allargamento. La porta dell'Europa potrebbe richiudersi davanti alla Bosnia Erzegovina, e restare chiusa per molti anni. Ciò sarebbe terribile e sono categoricamente contro tale ipotesi, ma se non ci sono progressi in Bosnia, allora le cose sono chiare.

Dnevni Avaz
E tuttavia i negoziati cominciano per l'accordo di stabilizzazione e d'associazione della BiH all'Ue. Come percepite ciò?
Wolfgang Petritsch
È una cosa molto positiva. Ma, il processo di stabilizzazione e d'associazione si scontrerà presto o tardi con i difetti della costituzione della Bosnia. Più semplicemente, con la situazione costituzionale attuale, non vedo come questi negoziati potrebbero completarsi in poco tempo. Buona possibilità al nuovo Alto Rappresentante.

Dnevni Avaz
Che ne pensate del nuovo Rappresentante Internazionale?
Wolfgang Petritsch
Schilling conosce perfettamente la situazione in Bosnia Erzegovina. Ha una grande esperienza di lavoro in questo paese, il suo metodo di lavoro suppone l'inclusione di tutti gli attori nel processo, ed è precisamente ciò di cui abbiamo bisogno oggi in Bosnia. Dieci anni dopo Dayton, i bosniaci devono finalmente prendere il destino del loro paese nelle loro mani. Ma Christian Schwartz - Schilling riuscirà nella misura in cui i dirigenti politici bosniaci glielo permetteranno. Non dubito che farà del suo di meglio ma, e questo pone limiti, è il carattere anche delle strutture della Bosnia, che sono tali e che sono piene delle barriere e di procedure complicate. Il Kosovo, come la Bosnia?

Dnevni Avaz
E cosa vi ispira la situazione in Kosovo?
Wolfgang Petritsch
Le notizie del decesso imprevisto del Presidente Ibrahim Rugova arrivano in un momento determinante per il Kosovo. Ma spero che i responsabili politici saranno abbastanza maturi per trovare rapidamente un successore a Rugova, e che proseguiranno i cambiamenti democratici. Ci aspettiamo che i capi del Kosovo siano capaci di rispondere alle attese dell'Europa. Loro anche, devono cercare un compromesso che possa soddisfare tutti i cittadini del Kosovo. È ovvio che ciò è estremamente difficile, ma tale risultato deve essere raggiunto. Nel contesto di una prima fase dei negoziati sullo statuto del Kosovo, dovremo concentrarsi sul decentramento, il ritorno dei profughi e delle loro proprietà. Ciò è una precondizione per una soluzione giusta della questione di Kosovo. Il gruppo di contatto ha detto chiaramente che il Kosovo non poteva più fare parte della Serbia. Ma, d'altra parte, l'indipendenza incondizionata non è nemmeno una soluzione, anche in ciò che riguarda il governo o le riforme economiche. Questo sarà il problema del Kosovo negli anni a venire. La Comunità internazionale resterà dunque impegnata con il Kosovo e il suo mandato somiglierà parzialmente alla situazione in Bosnia Erzegovina dopo Dayton.
(autorizzazione alla riproduzione concessa)
 
© 2006 - Sead Numanovic
il logo di dnevni avaz - il logo del courrier des balkans - copyright le courrier des balkans
traduzione in francese di Ursula Burger Oesch
traduzione in italiano di Macondo Tre
 
 
 
 
 
 
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