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le courrier des balkans
 
Le Courrier des Balkans - 12 febbraio 2006
di N. Jelacic, A. Sunje e I. Zornic ("Birn-Balkan Insight" , 6 febbraio 2006) -
[versione italiana]
 

ultimo aggiornamento
22.05.06 14:11

 
 
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Médias bosniens : des dons internationaux sans grand résultat
 
Les médias bosniens ont reçu beaucoup plus de dons de l'étranger que leurs homologues de Serbie et de Croatie. Mais en raison d'un manque de coordination, ils ont accompli moins de choses
 
Plus de 100 M $ US ont été dépensés dans le développement des médias au cours des dix dernières années par des donateurs en Bosnie-Herzégovine, selon les estimations de la communauté internationale.
Or, les résultats sont peu convaincants. Autant les rédacteurs en chef locaux que les anciens donateurs s’entendent pour dire qu’ils espéraient davantage, vu les sommes impressionantes versées aux médias de ce pays, brisé par les clivages ethniques après la fin d’une guerre de trois ans en 1995.
Non seulement la qualité générale des médias sur le marché demeure-t-elle assez basse, mais les dons n’ont même pas permis d’atteindre leur objectif principal, à savoir de rétablir des ponts par-dessus les divisions ethniques béantes.
En effet, une décennie plus tard, le marché des médias en Bosnie-Herzégovine reste ethniquement polarisé. Il est également très influencé par les partis politiques et continue de dépendre financièrement de dons et de publicités souvent contraires à l’éthique.
Des experts internationaux et des professionnels des médias locaux blâment en grande partie la communauté internationale, dont les généreux programmes de développement ont été, disent-ils, trop dispersés et trop improvisés pour laisser des traces durables.
«La communauté internationale est venue sans se soucier des idées locales et des besoins», raconte Senad Avdic, rédacteur en chef à la revue Slobodna Bosna. «Ils ont plutôt essayé de répliquer le modèle médiatique de leur propre pays dans une société complètement différente». «Ils ont ainsi créé des «monstres» qui suçaient cet argent mais étaient incapables de tenir debout par eux-mêmes - tandis que les voix locales et les initiatives authentiques étaient ignorées».
La plupart des journalistes et des chefs de rédaction reconnaissent qu’il y a tout de même eu des améliorations dans les médias depuis la période noire du milieu des années 90, mais ils soutiennent que ces progrès ont été trop lents.
«Les médias se sont arrangés pour se débarrasser des pressions politiques», affirme Zeljko Kopanja, propriétaire et rédacteur en chef du Banja Luka-based Nezavisne Novine, un quotidien fondé à l’aide de dons étrangers et qui représente un rare exemple de réussite d’investissements internationaux.
Slavica Govedarica, rédactrice en chef de Reporter, une revue hebdomadaire de Republika Srpska, abonde dans le même sens. «Depuis la fin de la guerre, l’influence du nationalisme dans les médias a diminué, ce qui est admirable», a-t-elle constaté.
Dans l’autre entité de la Bosnie, la Fédération, les rédacteurs en chef sont d’accord pour dire qu’en ce qui concerne l’incitation ouverte à la haine, les choses ont changé. «La situation est meilleure, du moins en ce qui a trait à l’incitation à la haine. Mais cela ne veut pas dire que celle-ci ait entièrement disparu des médias», explique Muhamed Dzemidzic.
Bien qu’un recul des propos haineux dans les médias soit une évolution positive, les professionnels du milieu locaux et internationaux pensent que les grandes sommes dépensées dans le développement de ce secteur auraient pu donner de bien meilleurs résultats.
Des experts croient que la réforme des médias a été ironiquement plus réussie en Croatie voisine et en Serbie - ou l’aide internationale a été beaucoup moins généreuse.
La guerre en Bosnie a infligé des dommages matériels et psychologiques durables aux médias du pays. Les édifices et les infrastructures ont été détruits et le siège social à moitié ruiné du quotidien Oslobodjenje de Sarajevo est devenu l’un des symboles les plus célèbres de la brutalité du siège de la capitale par les troupes serbes.
Bâtiments et machines ne sont pas les seuls à avoir souffert. Alors que les journalistes en sont venus à jouer un rôle significatif dans l’incitation à la haine et à la division ethnique dans la société bosniaque, le sens de l’unité dans les divers médias du pays - aussi fragile était-il - semble avoir été brisé pour toujours. La plupart des médias sont devenus de facto des machines de propagande pour les nouveaux centres de pouvoir qui ont émergé de l’ancienne Yougoslavie.
En Bosnie, la station de télévision d’État, qui rassemblait le plus vaste auditoire, a été séparé sur une base ethnique en trois nouveaux canaux, lesquels ont servi de porte-parole aux factions combattantes serbes, bosniaques et croates.
Une poignée de médias sont parvenus à conserver une position indépendante pendant la guerre mais ont été marginalisés ensuite. Bien que les canons se sont tus avec la signature des Accords de Dayton en 1995, la guerre des mots s’est poursuivie sur une scène médiatique ethnicisée.
«Les médias libres qui émergeaient dans les Balkans ont été rapidement réduits au silence par les forces politiques. Plusieurs autres sont devenus volontairement des marionnettes du régime et certains y ont été obligés», a relaté au Balkan Insight Per Bymon, de l’Agence de Développement international de Suède.
«Aussi il était logique de porter une telle attention à la reconstruction des médias lorsque les Accords de Dayton ont mis un terme à la guerre en Bosnie», a-t-il ajouté. La reconstruction du secteur des médias est devenue un objet de prédilection pour les donateurs occidentaux. Mais un manque de coordination a affaibli leur impact, tout comme l’inexpérience. Pour la plupart des agences impliquées, il s’agissait de leur première expérience dans le domaine de la reconstruction des médias dans un pays dévasté par la guerre.
Nermin Durmo, un ancien président du Conseil de Presse de BH qui a participé au processus de développement des médias, affirme que les donateurs étrangers sont arrivés sans vraiment comprendre la situation.
De plus, dit-il, «les étrangers qu’on nous a envoyés n’étaient pas des experts dans le domaine. Ils avaient l’air d’experts seulement parce que c’étaient des étrangers».
Mehmed Halilovic, ancien rédacteur en chef de Oslobodjenje et Médiateur actuel des Médias de la Fédération, souligne l’impact positif que les dons dans ce secteur ont eu après la guerre. «Ils ont contribué à la survie d’une scène médiatique en Bosnie-Herzégovine et ont permis aux émissions les plus menacées de poursuivre leurs activités», a-t-il déclaré.
Mais Halilovic ajoute que les donateurs ont commis des erreurs lorsqu’il a fallu passer à une autre étape du développement du secteur médiatique, dont «un mauvais choix des favoris».
«Les dons ont été versés d’une manière peu sélective après la guerre, de l’argent allant à des émissions qui n’étaient pas professionnelles ou même toujours sous l’influence du nationalisme», a expliqué Halilovic.
Les donateurs sont néanmoins prêts à admettre leurs erreurs au moment d’investir dans les médias bosniaques.
L’argent ne manquait pas selon Bymon, qui raconte que les donateurs étrangers en Bosnie «se bousculaient pour trouver des bénéficiaires».
Il poursuit cependant : «Le support était donné presque indistinctement à des journaux intellectuels et à des magazines culturels sans se demander si ces médias avaient un lectorat suffisant pour opérer un véritable changement. Il y a eu aussi des tentatives pour augmenter la circulation de médias à tendance plus démocrate - avec un succès très relatif».
Une des raisons possibles du peu de succès en Bosnie - comparé à la Serbie par exemple - est le manque de coordination des donateurs.
Si les buts idéologiques des donateurs étaient clairs, à savoir rendre les médias capables de jouer un rôle significatif en faveur d’un changement de régime et de la démocratisation de la société, les approches variaient considérablement.
En Serbie, les donateurs se sont organisés dès les années 90 afin de faire tomber le régime de Slobodan Milosevic. Par contre, en Bosnie-Herzégovine, les objectifs étaient plus abstraits.
Peter Graves, vice-président du International Center for Journalism à Washington, se rappelle : «Les situations étaient complètement différentes. En Serbie, nous avions affaire à un gouvernement dirigé par Milosevic et la stratégie était effectivement d’élire quelqu’un d’autre».
«En Bosnie, nous nous trouvions dans un environnement post-Dayton de supervision et d’intervention internationale massive, de construction d’une nation - avec peu de coordination».
Graves conclut : «Une coordination sérieuse est l’une des questions les plus importantes dans un programme de développement des médias réussi».
Essayer de structurer les activités de douzaines de donateurs dans l’univers des médias de la Bosnie d’après-guerre constituait une tâche pratiquement impossible, tout comme de faire la somme exacte de tout l’argent injecté au cours de cette expérience de dix ans.
Une analyse des activités de la communauté internationale auprès des médias bosniaques menée par l’Institut Media Plan local révèle quatre phase distinctes.
La première débute immédiatement après la guerre, alors que la communauté internationale commence à superviser les diverses émissions d’État.
La seconde survient en 1996, quand la communauté internationale met sur pied une stratégie pour affaiblir le nationalisme profondément ancré dans les médias publics en créant de nouvelles émissions. Le but était de diversifier le marché et de fournir des alternatives aux agences d’information préexistantes et divisées sur une base ethnique.
En 1998, l’attention revient aux médias d’État, dans l’intention de les occidentaliser et de les transformer en services publics.
En 1999, la communauté internationale commence à se concentrer sur la formation et l’éducation des journalistes.
Toutefois, à ce moment les donateurs eux-mêmes sont divisés et se chamaillent sur la place publique sur la meilleure façon d’investir l’argent.
Il existe une fracture particulièrement visible entre l’approche étasunienne - supporter les émissions de médias privés - et l’approche européenne - se concentrer sur les services publics de diffusion.
«Le manque de coordination a été l’une des principales raisons pour expliquer pourquoi il y a eu tant d’efforts gaspillés et de dédoublements», a résumé Graves.
«L’Union Européenne (auparavant la Communauté Européenne) travaillait à une chose, les États-Unis à une autre», a-t-il poursuivi. «Les priorités étaient diamétralement opposées et de batailles ont fait rage entre les capitales étrangères sur des stratégies qui auraient dû être définies à l’avance».
Ces divisions entre donateurs et l’absence d’unité chez les rédacteurs en chef locaux ont mené à de mauvais résultats à la fois dans les secteurs privé et public.
Les initiatives pour pluraliser le marché ont échappé à tout contrôle. En 2000, moins de 4 millions de personnes avaient le choix entre 210 stations de radio, 71 stations de télévision et 130 journaux, magazine, périodiques et revues.
Mais peut-être que l’échec le plus coûteux et le plus infâme pour créer une alternative à la diffusion d’État et à la rhétorique nationaliste a été la tentative d’établir une télévision nationale indépendante ainsi qu’un réseau radiophonique en 1996.
L’Open Broadcast Network (OBN) a aspiré plus de 20 M $ US pendant les quatre premières années de son existence sans jamais devenir un rival sérieux aux diffuseurs publics, vu son impopularité auprès des téléspectateurs.
Abandonné par les donateurs en 2000, OBN s’est tourné depuis vers des émissions commerciales et de divertissement, laissant le champ libre de l’information et de la politique aux diffuseurs d’État et des trois entités.
L’intention des donateurs de créer un réseau radiophonique alternatif, Radio FERN, a duré encore moins longtemps, soit deux ans à partir de sa mise en service en 1996. À la différence de OBN, FERN n’est jamais parvenue à se commercialiser et le résultat a été son intégration à la radio publique BH Radio 1.
En Republika Srpska, les efforts des donateurs ont mieux réussi. Ici, la communauté internationale a déployé de grands efforts pour mettre sur pied des alternatives écrites et diffusées face aux nationalistes radicaux et aux médias contrôlés par les partis, lesquels sont restés dominants après la guerre.
Alternative Television (ATV) et le quotidien Nezavisne Novine ont chacun reçu de généreux fonds de la part d’organisations internationales, en particulier des États-Unis, et tous deux ont conquis de fortes positions sur le marché.
«Grâce aux dons les médias d’ici ont eu la chance de fonctionner indépendamment des partis politiques et des «grands patrons», a souligné Slavica Isaretovic, rédacteur à ATV à Banja Luka.
Halilovic nomme aussi Nezavisne Novine et Mreza Plus, un réseau de petites télévisions locales dont ATV fait partie, comme exemples des succès des dix dernières années.
Néanmoins et en dépit de ces réussites, l’état général des médias en Bosnie-Herzégovine reflète à peine les sommes énormes investies de l’extérieur.
Beaucoup de journalistes locaux et de rédacteurs disent que les projets ont échoué parce qu’ils étaient «importés et implantés» par la communauté internationale sans consultation des professionnels de l’endroit.
Durmo ajoute que l’autres grande erreur des donateurs a été leur manque de vision à long terme. Ils ont donné de l’argent aux médias «pour qu’ils survivent au lieu de les aider à devenir autonomes et viables», a-t-il déploré.
Du point de vue de l’Agence de Développement international de Suède, Bymon confirme : «Au lieu de se chamailler sur la question de savoir s’il fallait supporter les médias privés ou publics, nous aurions dû en arriver à une entente entre les donateurs européens et étasuniens en appuyant les deux, et nous concentrer sur le cadre médiatique et moins sur les émissions et publications spécifiques».
Nerma Jelacic est directeur du BIRN en Bosnie-Herzégovine. Aida Sunje et Ilda Zornic sont des recrues du BIRN à Sarajevo.
(autorizzazione alla riproduzione concessa)
 
Media bosniaci: donazioni internazionali senza grandi risultati - I mass media bosniaci hanno ricevuto molte più donazioni dell'estero rispetto ai loro omologhi della Serbia e della Croazia. Ma a causa di una mancanza di coordinamento, hanno realizzato meno cose
 
Oltre 100 M $ US sono stati spesi nello sviluppo dei mass media nel corso degli ultimi dieci anni da parte di donatori in Bosnia Erzegovina, secondo le stime della Comunità internazionale.
I risultati, tuttavia, sono poco convincenti. Sia i direttori locali che gli ex donatori sono d'accordo nell'affermare che speravano qualcosa di più, viste le somme impressionanti versate ai mass media di questo paese, lacerato dalle tensioni etniche dopo la fine della guerra.
Non soltanto la qualità generale dei mass media sul mercato rimane abbastanza bassa, ma le donazioni non hanno neppure permesso di raggiungere il loro obbiettivo principale, cioè costruire ponti per limitare le divisioni etniche ancora aperte.
Infatti, un decennio più tardi, il mercato dei mass media in Bosnia Erzegovina resta etnicamente polarizzato. È anche molto influenzato dai partiti politici e continua a dipendere finanziariamente da donazioni e da pubblicità non di rado contrarie all'etica.
Esperti internazionali e professionisti dei mass media locali danno la colpa alla Comunità internazionale, i cui programmi generosi di sviluppo sono stati, dicono, troppo dispersivi e troppo improvvisati per lasciare tracce durature.
"La Comunità internazionale è intervenuta senza preoccuparsi delle esigenze e delle necessità locali", dice Senad Avdic, direttore della rivista Slobodna Bosna. "Ha piuttosto provato a replicare il modello mediatico dei propri paesi in una società completamente diversa". Sono così stati creati dei 'mostri' che succhiavano il denaro ma erano incapaci di stare in piedi da soli, mentre le voci locali e le iniziative autentiche erano ignorate". La maggior parte dei giornalisti riconosce che ci sono stati dei miglioramenti nei mass media rispetto al periodo nero della metà degli anni 90, ma ancora troppo lenti.
"I mass media si sono sforzati di ignorare le pressioni politiche", afferma Zeljko Kopanja, proprietario e redattore principale del Banja Luka-Nezavisne Novine, un quotidiano fondato grazie alle donazioni straniere che rappresenta un raro esempio di successo in questo campo. Slavica Govedarica direttrice di Reporter, una rivista settimanale della Republika Srpska, sostiene che "dalla fine della guerra, l'influenza del nazionalismo nei mass media è diminuita".
Nell'altra entità della Bosnia, la Federazione, i direttori sono d'accordo nel dire che in ciò che riguarda l'aperto incitamento al odio, le cose sono cambiate. "Anche se ciò non vuole dire che questa sia interamente scomparsa dei mass media", spiega Muhamed Dzemidzic.
Benché una riduzione dei proclami di odio etnico nei mass media sia un'evoluzione positiva, gli esperti locali e internazionali ritengono che le grandi somme spese nello sviluppo di questo settore avrebbero potuto dare risultati ben più significativi.
Gli esperti credono, ironicamente, che la riforma dei mass media è riuscita meglio in Croazia e in Serbia perché l'aiuto internazionale è stato molto meno generoso. La guerra in Bosnia ha inflitto danni materiali e psicologici duraturi ai mass media del paese. Le costruzioni e le infrastrutture sono state distrutte e la sede sociale ancora in rovina del quotidiano Oslobodjenje di Sarajevo è diventata uno dei simboli più famosi della brutalità della guerra.
Edifici e macchine non sono i soli a avere sofferto. Mentre i giornalisti hanno svolto un ruolo significativo nell'incitamento all'odio e alla divisione etnica nella società bosniaca, il senso dell'unità nei diversi mass media del paese - già fragile - sembra essere stato frantumato per sempre. Quasi tutti i mass media sono diventati de facto delle macchine di propaganda per i nuovi centri di potere che sono emersi nella ex Jugoslavia.
In Bosnia, la televisione di Stato, che raccoglieva il pubblico più vast , è stata separata su base etnica in tre nuovi canali, che fanno da portavoce ai tre gruppi etnici. Solo pochi mass media sono riusciti a conservare una posizione indipendente durante la guerra ma in seguito sono stati resi marginali. Benché i cannoni abbiano taciuto dalla firma degli accordi di Dayton nel 1995, la guerra delle parole è continuata sullo scenario mediatico.
"I mass media liberi che emergevano nei Balcani sono stati rapidamente ridotti al silenzio dalle forze politiche. Molti altri sono diventati volontariamente burattini del regime, mentre alcuni vi sono stati costretti", ha riferito al Balkan Insight Per Bymon, dell'Agenzia di Sviluppo internazionale della Svezia.
"È stato logico avere una certa attenzione nella ricostruzione dei mass media dopo gli accordi di Dayton ", ha aggiunto. Una ricostruzione che è diventata oggetto di predilezione per i donatori occidentali. Ma una mancanza di coordinamento ha indebolito l'impatto, così come l'inesperienza. Per la maggior parte delle agenzie implicate, si trattava della loro prima esperienza nel settore della ricostruzione dei mass media in un paese devastato dalla guerra.
Nermin Durmo, l'ex presidente del Consiglio di stampa di BH che ha partecipato al processo di sviluppo dei mass media, afferma che i donatori stranieri sono arrivati senza realmente comprendere la situazione. Inoltre, dice, "gli stranieri che ci hanno mandato non erano esperti del settore. Avevano l'aria di esperti soltanto perché erano stranieri ".
Mehmed Halilovic ex direttore di Oslobodjenje e attuale mediatore dei mass media della Federazione, sottolinea l'impatto positivo delle donazioni dopo la guerra. "Hanno contribuito alla sopravvivenza della scena mediatica in Bosnia Erzegovina e hanno permesso ai media più minacciati di proseguire le loro attività". Ma Halilovic aggiunge che i donatori hanno commesso degli errori quando è stato necessario passare a una successiva fase dello sviluppo. "Le donazioni sono stati versate in modo poco selettivo: del denaro è andato a testate non professionali o che erano sempre sotto l'influenza del nazionalismo", ha spiegato Halilovic.
I donatori sono tuttavia pronti ad ammettere i loro errori. Il denaro non mancava secondo Bymon, che dice che i donatori stranieri in Bosnia "facevano a gara per trovare beneficiari". Ma, prosegue, "l'appoggio era dato quasi indistintamente a giornali intellettuali e a riviste culturali senza chiedersi se queste riviste avessero un bacino d'utenza sufficiente per operare un vero cambiamento." Ci sono stati anche dei tentativi per aumentare la circolazione di mass media a tendenza più democratica, ma con un successo molto relativo.
Una delle ragioni possibili di questi scarsi successi, se comparati a esempio alla Serbia, è la mancanza di coordinamento dei donatori. Se gli scopi ideologici dei donatori erano chiari, cioè rendere i mass media capaci di svolgere un ruolo significativo in favore di un cambiamento di regime e della democratizzazione della società, gli approcci invece variavano considerevolmente. In Serbia, i donatori si sono organizzati fin dagli anni Novanta per far cadere il regime di Slobodan Milosevic. In Bosnia Erzegovina, invece, gli obiettivi erano più astratti.
Peter Graves, vicepresidente del International Center for Journalism di Washington, ricorda: "le situazioni erano completamente diverse. In Serbia, avevamo un governo diretto da Milosevic e la strategia era effettivamente quella di eleggere qualcun altro. In Bosnia, invece, ci trovavamo in un ambiente post-Dayton di controllo e d'intervento internazionale massiccio, di costruzione di una nazione, ma con scarso coordinamento. Un coordinamento serio è infatti una delle questioni più importanti in un programma di sviluppo dei mass media".
Provare a strutturare le attività di dozzine di donatori nell'universo dei mass media della Bosnia del dopoguerra costituiva un compito praticamente impossibile, così come calcolare la somma esatta di tutto il denaro donato nel corso di quest'esperienza durata dieci anni. Un'analisi delle attività della Comunità internazionale sui mass media bosniaci, condotta dall'Institut Media Plan locale, rivela quattro fase distinte. La prima comincia immediatamente dopo la guerra, quando la Comunità internazionale inizia a sorvegliare le diverse tv di Stato. La seconda si verifica nel 1996, quando la Comunità internazionale organizza una strategia per indebolire il nazionalismo profondamente ancorato nei mass media pubblici, creando nuove stazioni televisive. Lo scopo era differenziare il mercato e fornire alternative alle agenzie d'informazione preesistenti e divise su base etnica. Nel 1998, l'attenzione ritorna ai mass media di Stato, nell'intenzione di
occidentalizzarli e trasformarli in veri servizi pubblici.
Nel 1999, la Comunità internazionale inizia a concentrarsi sulla formazione e l'istruzione dei giornalisti. Tuttavia, in questo momento i donatori stessi sono divisi sul migliore modo di investire il denaro. Esiste una diversità particolarmente importante tra l'approccio americano (supportare le televisioni provate) e quello europeo (concentrarsi sui servizi pubblici).
"La mancanza di coordinamento è stata una delle principali ragioni per spiegare perché ci sono stati tanti sforzi sprecati e progetti che si accavallavano", ha riassunto Graves. "l'Unione Europea lavorava a una cosa, gli Stati Uniti a un'altra. Le priorità erano diametralmente opposte e ci sono stati contrasti nelle varie capitali straniere sulle strategie che avrebbero dovuto essere definite in anticipo".
Queste divisioni tra donatori e l'assenza d'unità presso gli editori locali hanno prodotto cattivi risultati sia nel settore privato che in quello pubblico. Le iniziative per pluralizzare il mercato sono sfuggite a qualsiasi controllo. Nel 2000, meno di 4 milioni di persone potevano scegliere tra 210 stazioni radio, 71 stazioni televisive e 130 tra giornali, periodici e riviste. Ma forse il fallimento più costoso e più doloroso per creare un'alternativa alla diffusione di Stato ed alla retorica nazionalistica è stato il tentativo, nel 1996, di costruire una televisione nazionale indipendente e una rete radiofonica. Open Broadcast Network (OBN) è stata beneficiata di oltre 20 M $ US durante i primi quattro anni della sua esistenza, senza per altro diventare mai un credibile competitor delle reti pubbliche, vista la sua impopolarità presso i telespettatori.
Abbandonata dai donatori nel 2000, OBN si è convertita al ruolo di tv commerciale e d'intrattenimento, lasciando libero il campo dell'informazione e della politica alle tv di Stato delle tre entità. L'intenzione dei donatori di creare una rete radiofonica alternativa, la FERN, è durata ancora meno. A differenza di OBN, FERN non è nemmeno riuscita a diventare commerciale e il risultato è stata la sua integrazione nella radio pubblica BH Radio 1.
Nella Republika Srpska, invece, gli sforzi dei donatori hanno portato a qualche risultato in più. Qui, la Comunità internazionale ha fatto grandi sforzi per organizzare delle alternative ai nazionalisti radicali e ai mass media controllati dai partiti, sempre dominanti dopo la guerra. Alternative Television (ATV) e il quotidiano Nezavisne Novine hanno ricevuto fondi generosi da parte di organizzazioni internazionali e tutti due hanno conquistato forti posizioni sul mercato. "Grazie alle donazioni qui i mass media hanno avuto la possibilità di funzionare indipendentemente dai partiti e dai grandi proprietari", ha sottolineato Slavica Isaretovic, redattore a ATV a Banja Luka.
Halilovic nomina così Nezavisne Novine e Mreza Plus, una rete di piccole televisioni locali di cui ATV fa parte, come esempi di successo degli ultimi dieci anni. Tuttavia, e a dispetto di questi successi, lo stato generale dei mass media in Bosnia Erzegovina corrsiponde appena alle aspettative prodotte dalle enormi somme investite.
Molti giornalisti locali e redattori dicono che i progetti sono falliti perché erano importati e prestabiliti dalla Comunità internazionale senza consultare i professionisti del posto. Durmo aggiunge che l'altro grande errore dei donatori è stata la loro mancanza di visione a lungo termine. Hanno dato del denaro ai mass media "per sopravvivere, invece di aiutarli a diventare autonomi". Dal suo punto di vista Bymon conferma: "invece di discutere se era meglio supportare i mass media privati o pubblici, saremmo dovuti arrivare a un'intesa tra i donatori europei e americani, e concentrarsi di più sul quadro mediatico e meno sulle tv, radio e pubblicazioni specifiche".
(autorizzazione alla riproduzione concessa)
 
© 2006 - Nerma Jelacic, Aida Sunje et Ilda Zornic
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traduzione in francese di Stéphane Surprenant
traduzione in italiano di Macondo Tre
 
 
 
 
 
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