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le courrier des balkans
 
Le Courrier des Balkans - 4 giugno 2006
di Marion Salines -
[versione italiana]
 

ultimo aggiornamento
05.06.06 12:15

 
 
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L’avenir de la Bosnie passe par l’éducation : voyage au cœur du labyrinthe éducatif
 
Programmes et manuels scolaires distincts, ségrégation ethnique dans les communes où se maintient la règle « deux écoles sous le même toit » : l’école ne va pas mieux en Bosnie-Herzégovine. L’éducation est pourtant reconnue comme un secteur prioritaire, mais toute réforme se perd dans le labyrinthe administratif des bureaucraties bosniaques...
 
Un jour de mars à l’école primaire de Solina, petit village près de Tuzla, dans le nord-est de la Bosnie-Herzégovine : dans la cour de récréation, les enfants se livrent à une joyeuse bataille de boules de neige, avant que la sonnerie ne retentisse, invitant petits Serbes, Croates et Bosniaques à rejoindre les mêmes salles de cours, loin des tensions ethniques qui déchirent encore la Bosnie, dix ans après la signature des accords de paix de Dayton.
Si on lui demande pourquoi la situation est si harmonieuse dans la région de Tuzla, l’une des rares villes du pays dirigée par un maire non nationaliste, le vieux directeur de l’école montre du doigt d’un air malicieux le sous-sol : « les mines de sel »... Difficile de trouver une explication plus rationnelle à la diversité des situations, qui varient d’un extrême à l’autre à quelques dizaines de kilomètres d’écart.
La visite des écoles fait en effet vite prendre conscience de l’extrême fragmentation du système scolaire bosnien, qui est encore largement divisé par les lignes de conflit ethniques. Dans ce pays à peine plus étendu que la région Midi-Pyrénées sont en vigueur trois programmes scolaires différents. « Les livres scolaires dont certains passages gênants sur la guerre sont rayés à l’encre noire, sont encore monnaie courante dans certaines écoles », rapporte un collaborateur du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) à Sarajevo. 
À plusieurs reprises s’est déjà réunie une commission sur les manuels scolaires placée sous l’égide du Berghof Research Center. L’histoire, du fait de l’enjeu qu’elle représente au niveau politique, reste toutefois la matière qui cristallise le plus de tensions. Guerre civile pour les uns, attaque d’une puissance extérieure pour les autres, difficile de s’accorder sur une version commune à enseigner aux jeunes générations.

La ségrégation communautaire existe toujours
Plus inquiétant encore est le phénomène de « deux écoles sous le même toit », dont une cinquantaine subsiste toujours, malgré les injonctions répétées du Haut Représentant. « Elles furent conçues par la communauté internationale comme une mesure provisoire afin de permettre à tous les enfants de retourner le plus tôt possible à l’école », explique un collaborateur de l’OSCE. « Je me souviens du cas d’un village à majorité croate, dont les enfants bosniaques, du fait des destructions de la guerre, allaient en classe dans des maisons privées. L’école croate disposait de plusieurs salles libres, mais immédiatement après la guerre, les deux communautés se refusaient catégoriquement à un enseignement commun. Il a finalement été décidé que les petits bosniaques suivraient des cours différents dans le même bâtiment. Par la suite, la direction de l’école, soutenue par les autorités locales, a imposé une stricte ségrégation (entrée séparée, temps de récréation décalé, etc), afin qu’aucun contact ne puisse s’établir entre les enfants ».
Au lycée de Mostar, ville où les tensions interethniques sont parmi les plus exacerbées, les élèves des deux communautés reçoivent des enseignements rigoureusement séparés, à l’exception notable du français. Depuis la récente création d’une section bilingue, Croates et Bosniaques apprennent ensemble la langue de Molière, sans qu’aucune tension significative entre les élèves ne soit à déplorer. Cette expérience positive démontre s’il en était besoin l’absurdité du système éducatif discriminatoire bosnien, dont les jeunes générations sont les premières victimes.
Bien qu’à des degrés variables selon les groupes ethniques, la ségrégation scolaire est dans l’ensemble condamnée par la population [1] ; le statu quo se maintient avant tout par la volonté des hommes politiques au pouvoir, qui appartiennent dans leur immense majorité aux partis nationalistes issus de la guerre. « L’éducation est un enjeu décisif pour l’avenir de la Bosnie, et les nationalistes l’ont bien compris. Ils se livrent à une instrumentalisation sans limites de l’école afin de parvenir aux buts non atteints par la guerre », analyse une jeune étudiante de Mostar, membre du club de débat fraîchement fondé. Cette extrême politisation de l’éducation représente l’obstacle majeur à l’unification du système scolaire.

Un système qui doit être modernisé
Au-delà des problèmes de ségrégation ethnique, la visite des écoles de Bosnie fait apparaître la nécessité d’une modernisation du système éducatif, encore bien éloigné des standards occidentaux. « Les programmes sont surchargés et l’enseignement trop peu individualisé : les enfants doivent beaucoup apprendre par cœur », se plaignent des étudiants de la faculté de pédagogie de Banja Luka. Certes, les méthodes d’enseignement issues de l’ère socialiste se transforment progressivement sous l’influence du processus de Bologne, auquel la Bosnie participe. Mais la vieille génération d’instituteurs est encore en exercice et les instituts pédagogiques, par manque de moyens, n’offrent aucune formation continue.
Le changement de mentalités nécessaire ne saurait donc se produire du jour au lendemain. De plus, la motivation, en raison des possibilités réduites d’avancement et des bas salaires, fait parfois défaut. « Le métier d’enseignant me plaît beaucoup mais est mal rémunéré : 500 KM par mois ! [250 euros] C’est pourquoi je compte travailler comme interprète pour la communauté internationale à Banja Luka », confie le jeune professeur d’anglais de l’école primaire de Teslic, petite ville située à une cinquantaine de kilomètres de Banja Luka.
En outre, se fait ressentir un cruel manque en personnel extrascolaire, notamment en psychologues. La plupart des enfants furent traumatisés par la guerre et ne bénéficient d’aucun suivi psychologique. A cela s’ajoute la quasi-inexistence de prise en charge après la classe. L’expérience positive du centre de loisirs de Solina mérite d’être évoquée car elle pourrait être à l’avenir étendue. Accolé à l’école primaire, le centre « Bolje Sutra » accueille les enfants tous les après-midi et leur propose différentes activités sportives et culturelles. Il est financé par les autorités locales ainsi que par plusieurs ONG, dont l’association française « Enfants réfugiés du monde ».
Longtemps négligée par la communauté internationale, la réforme de l’éducation apparaît aujourd’hui essentielle à la construction d’une Bosnie multiethnique prospère. Le nouveau Haut Représentant Christian Schwarz-Schilling la considère même comme l’un des deux chantiers les plus urgents - avec le développement économique -, sur lequel il faut concentrer ses efforts [2]. L’OSCE, en charge du dossier depuis juillet 2002, s’efforce entre autres d’encourager l’engagement civique par le biais des conseils des élèves et de la nouvelle matière « Droits de l’Homme et Démocratie », introduite il y a peu dans les lycées. Rencontres inter-entités, magazine commun, voyage d’études : autant d’exemples d’initiatives constructives venant directement des élèves et qui confirment le potentiel de changement présent au sein de la jeune génération.

Le labyrinthe administratif
Malheureusement, les efforts de la communauté internationale et de la société civile bosnienne se heurtent à l’inertie, voire à l’obstructionnisme de certaines autorités locales. Comme bien d’autres domaines, l’éducation relève en effet principalement de la compétence des deux entités ; en Fédération croato-musulmane, la décentralisation est poussée jusqu’au niveau des cantons, voire des municipalités. Ce pays d’à peine 4 millions d’habitants dispose donc de 13 ministères de l’Education ! « La Bosnie a signé toute une panoplie d’accords internationaux, mais la plupart reste lettre morte car l’absence d’exécution de la part des cantons n’entraîne aucune sanction. Nous disposons de carottes, mais pas de bâton ! », se plaint un collaborateur de l’OSCE. Dans le cadre des négociations en vue de la signature d’un accord d’association et de stabilisation, la Commission européenne exige des progrès significatifs dans le domaine de l’éducation. Il est donc à espérer que la perspective d’adhésion à l’UE, très attendue pour des motifs économiques, accélérera l’unification et la modernisation du système éducatif.
Dix ans après la fin de la guerre, seule la jeunesse peut aujourd’hui arracher cette perle des Balkans aux démons nationalistes et construire une Bosnie multiethnique prospère. Le système scolaire actuel ne lui facilite pas la tâche, d’où l’urgente nécessité de le réformer en profondeur. Certes, la route vers une école unifiée et de qualité est encore longue et semée d’embûches, mais l’enjeu mérite qu’on y concentre ses efforts : l’avenir de la Bosnie, tant politique qu’économique, passe par l’éducation !

[1] Sondage mené par l’OSCE en décembre 2005. À la question : « Should children of different ethnicities attend school together ? », ont répondu positivement 97% des Bosniaques, 70% des Croates et 54% des Serbes.
[2] Discours de Christian Schwarz-Schilling devant le Conseil de Sécurité des Nations Unies le 18 avril. Lire Conseil de sécurité : il est temps pour la Bosnie de prendre en main son destin
(autorizzazione alla riproduzione concessa)
 

L'avvenire della Bosnia passa attraverso l'educazione: viaggio nel cuore del labirinto educativo - Programmi e manuali scolastici distinti, segregazione etnica nei comuni dove si mantiene la regola «due scuole sotto lo stesso tetto»: la scuola non sta bene in Bosnia Erzegovina. L'educazione è riconosciuta come un settore prioritario, ma ogni riforma si perde nel labirinto amministrativo della burocrazia bosniaca

 
Un giorno di marzo alla scuola elementare di Solina, piccolo villaggio nei pressi di Tuzla, nel Nord-est della Bosnia Erzegovina: nel cortile della ricreazione, i bambini giocano allegramente tirandosi palle di neve, prima che la campanella richiami i piccoli serbi, croati e bosniaci a raggiungere le aule in comune, lontano dalle tensioni etniche che attraversano ancora oggi la Bosnia, dieci anni dopo la firma degli accordi di pace di Dayton. Se gli chiedono perché la situazione è così armoniosa nella regione di Tuzla, una delle rare città del paese diretta da un sindaco non nazionalistico, il vecchio direttore della scuola, aria maliziosa, indica lo scantinato: "le miniere di sale"... Difficile trovare una spiegazione più razionale alla diversità delle situazioni, che variano da un estremo all'altro ad alcune decine di chilometri di divergenza.
La visita delle scuole fa in effetto rapidamente prendere coscienza della frammentazione estrema del sistema scolastico bosniaco, che è ancora in gran parte diviso lungo le linee etniche scaturite dal conflitto. In questo piccolo paese esistono tre programmi scolastici diversi. "I libri scolastici, in cui alcuni passaggi controversi sulla guerra sono cancellati con l'inchiostro nero, sono ancora moneta corrente in alcune scuole", riferisce un collaboratore del Programma delle Nazioni collegate per lo Sviluppo (PNUD) a Sarajevo. A molte riprese si è già riunita una commissione sui manuali scolastici messa sotto l'egida del Berghof Research Center. La storia resta tuttavia la materia che provoca le maggiori tensioni. Guerra civile per gli uni, attacco di una potenza esterna per gli altri, difficile accordarsi su una versione comune da insegnare alle giovani generazioni.

La segregazione comunitaria esiste ancora
Più inquietante ancora è il fenomeno delle "due scuole sotto lo stesso tetto": ne esistono ancora una cinquantina esistono, malgrado le ingiunzioni ripetute dell’Alto rappresentante. "Furono concepite dalla Comunità internazionale come un provvedimento provvisiorio allo scopo di permettere a tutti i bambini di tornare il più presto possibile a scuola", spiega un collaboratore degli ISCE. "Mi ricordo del caso di un villaggio a maggioranza croata, i cui bambini bosgnacchi, a causa delle distruzioni della guerra, andavano a scuola in case private." La scuola croata disponeva di molte sale libere, ma immediatamente dopo la guerra, le due Comunità non volevano assolutamente un insegnamento comune. Si è finalmente deciso che i piccoli bosgnacchi seguissero corsi diversi nello stesso edificio. Successivamente, la direzione della scuola, sostenuta dagli enti locali, ha imposto una segregazione rigorosa (entrata distinta, tempo di ricreazione spostato, ecc.), affinché nessun contatto possa stabilirsi tra i bambini".
Al liceo di Mostar, città dove le tensioni interetniche sono fra le più esacerbate, gli allievi delle due Comunità ricevono insegnamenti rigorosamente distinti, con la considerevole eccezione del francese. Dalla recente creazione di una sezione bilingue, croati e bosniaci apprendono insieme la lingua di Molière, senza che nessuna tensione significativa tra gli allievi sia stata notata. Quest'esperienza positiva dimostra, se ce ne fosse bisogno, l'assurdità del sistema educativo discriminatorio bosniaco, le cui giovani generazioni sono le prime vittime.
Bene che a gradi variabili secondo i gruppi etnici, la segregazione scolastica è nell'insieme condannata dalla popolazione [1] ; lo status quo si mantiene soprattutto con la volontà degli uomini politici al potere, che appartengono, nella loro stragrande maggioranza, ai partiti nazionalistici usciti dalla guerra. "L'istruzione è una sfida decisiva per il futuro della Bosnia, e i nazionalisti l’hanno capito bene." Si lasciano andare a una strumentalizzazione senza limiti della scuola allo scopo di ottenere gli obbiettivi non raggiunti con la guerra", è l’analisi un giovane studente di Mostar. Questa politicizzazione estrema dell'istruzione rappresenta l'ostacolo principale all'unificazione del sistema scolastico.

Un sistema che deve essere modernizzato
Oltre ai problemi di segregazione etnica, la visita delle scuole della Bosnia fa apparire la necessità di un ammodernamento del sistema educativo, ancora ben distante dagli standard occidentali. "I programmi sono sovraccaricati e l'insegnamento troppo poco individualizzato. I bambini devono apprendere molto", si lamentano gli studenti della facoltà di pedagogia di Banja Luka. Certamente, i metodi d'insegnamento derivati dall'era socialista si trasformano gradualmente sotto l'influenza del processo di Bologna, al quale la Bosnia partecipa. Ma la vecchia generazione di insegnanti è ancora in esercizio e gli istituti pedagogici, per mancanza di mezzi, non offrono alcuna formazione continua.
Il cambiamento di mentalità necessario non può dunque prodursi da un giorno all’altro. Inoltre, la motivazione, in ragione delle possibilità ridotte di carriera e dei salari bassi, fa a volte difetto. "Il lavoro d'insegnante mi soddisfa molto ma è molto poco remunerato: 500 Km al mese! (250 euro) È per questo che intendo lavorare come interprete per la Comunità internazionale a Banja Luka", rivela il giovane professore d'inglese della scuola elementare di Teslic, piccola città situata ad una cinquantina di chilometri di Banja Luka.
Inoltre, si fa sentire laa mancanza di personale extrascolastico, in particolare degli psicologi. La maggior parte dei bambini è stata traumatizzata dalla guerra e non beneficia di alcuna cura psicologica. A ciò si aggiunge la quasi inesistenza del dopo-scuola. L'esperienza positiva del centro di svaghi di Solina merita di essere evocata poiché potrebbe essere ampliata in futuro. Annesso alla scuola elementare, il centro "Bolje Sutra" accoglie i bambini tutto il pomeriggio e gli propone diverse attività sportive e culturali. È finanziato dagli enti locali così che con molte ONG, fra cui l'associazione francese "Enfants réfugiés du monde".
A lungo trascurata dalla Comunità internazionale, la riforma dell'istruzione appare oggi essenziale per la costruzione della Bosnia multietnica e prosperosa. Il nuovo Alto Rappresentante Christian Schwarz-Schilling la considera come uno delle due riforme più urgenti – assieme allo sviluppo economico -, sulla quale occorre concentrare gli sforzi  [2]. . L’OSCE cerca tra l'altro di incoraggiare l'impegno civico tramite i consigli degli allievi e della nuova materia "diritti dell'uomo e democrazia", introdotta da poco nei licei. Riunioni interetniche, periodico in comune, viaggi di studi: altrettanti esempi di iniziative costruttive che vengono direttamente dagli allievi e che confermano il potenziale di cambiamento presente al centro delle giovani generazioni.

Il labirinto amministrativo
Purtroppo gli sforzi della Comunità internazionale e della società civile bosniaca si scontrano con l'inerzia, o l'ostruzionismo di alcuni enti locali. Come in molti altri settori, l'istruzione solleva conflitti di competenza tra le due entità; nella Federazione croato-musulmana, il decentramento è spinto a livello dei cantoni, o dei municipi. Questo paese di appena 4 milioni di abitanti dispone dunque di 13 Ministeri dell'Istruzione!
"La Bosnia ha firmato tutta una quantità di accordi internazionali, ma la maggior parte resta lettera morta poiché l'assenza d'esecuzione da parte dei cantoni non comporta alcuna sanzione. Disponiamo di carote, ma non di un bastone!", si lamenta un collaboratore degli OSCE." Nel quadro dei negoziati in vista della firma di un accordo d'associazione e di stabilizzazione, la Commissione europea esige progressi significativi nel settore dell'istruzione. È dunque da sperare che la prospettiva d'adesione all'UE, molto attesa per ragioni economiche, accelererà l'unificazione e l'ammodernamento del sistema educativo.
Dieci anni dopo la fine della guerra, solo la gioventù può oggi strappare questa perla dei Balcani ai demoni nazionalistici e costruire una Bosnia multietnica e prosperosa. Il sistema scolastico attuale non facilita il compito, da cui nasce la necessità urgente di riformarlo in profondità. Certamente, la strada verso una scuola unificata e di qualità è ancora lunga e seminata di ostacoli, ma la sfida merita che vi si concentrino i propri sforzi: il futuro della Bosnia, sia politica che economica, passa attraverso l'istruzione!

[1] Sondaggio condotto dall’OSCE nel dicembre 2005. Alla domanda: "Should children of different ethnicities attend school together?", hanno risposto positivamente il 97% dei bosgnacchi, il 70% dei croati e il 54% dei serbi.
[2] Discorso di Christian Schwarz-Schilling davanti al Consiglio di Sicurezza dell'Onu il 18 aprile: "È tempo per la Bosnia prendere in mano il proprio destino".
(autorizzazione alla riproduzione concessa)
 
© 2006 - Marion Salines
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traduzione in italiano di Macondo Tre
 
 
 
 
 
 
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