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le courrier des balkans
 
Le Courrier des Balkans - 18 gennaio 2008
di Vuk Bacanovic, 4 marzo 2008 -
[versione italiana]
 

ultimo aggiornamento
12.03.08 11:52

 
 
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bosnie : la presse religieuse au service des nationalismes
 
En Bosnie-Herzégovine, la majeure partie des revues catholiques, orthodoxes et musulmanes semblent encore incapables de proposer une version non-partisane de l’histoire et de l’actualité du pays. La plupart des journaux propagent plus de slogans de haine que de messages d’amour, et bien peu font preuve de l’esprit critique qui est l’apanage des croyants sincères. Tour d’horizon...
 
Mircea Eliade a-t-il bien fait de qualifier l’homme d’« homo religiosus » ? Il prétendait que la religion et le besoin du sacré étaient inhérents à l’homme. D’une manière ou d’une autre, le fait que l’homme, sans égard à ses qualités spirituelles, soit un être religieux, ne peut être mis en question. Il n’est pas de civilisation qui ne connaisse pas de dieu(x). Paradoxalement, les athées, eux non plus, ne devraient pas avoir de difficultés à accepter le Tout-Puissant, qui a sans aucun doute le pouvoir, entre autres, de se priver de sa propre existence.
Le culte de cet être surnaturel, affirmé à travers les deux (ou trois) manifestes d’Abraham, et de nombreuses autres interprétations personnelles, semble être la base même des identités ethniques en Bosnie-Herzégovine. Chacun de ces cultes est le gardien fidèle de la mémoire sélective de l’histoire. Ces cultes commencent à envahir la politique, et parfois, la créent. Cela se reflète en premier lieu dans la presse religieuse.

La presse religieuse au service de la politique
Ainsi, dans ces publications, des auteurs croyants traitent, avec plus ou moins d’adresse, d’un éventail de sujets comme la théologie, l’histoire, la littérature, le folklore, l’anthropologie, la philosophie, l’économie, et surtout... la politique. Ces publications sont rarement du même avis, et reflètent, pour la plupart, les attitudes de partis politiques radicaux, modérés ou, très rarement, libéraux.
Si l’on établit une comparaison entre les revues catholiques, orthodoxes et islamiques en Bosnie-Herzégovine, on trouve de tout : du plus ignoble comme le national-chauvinisme, la pseudo-histoire, la philosophie « du sang et du territoire », la « véracité » hypocrite, la « théologie » pour un vaste public, jusqu’à des analyses sérieuses et autocritiques, articles de théologie habilement conçus, et enseignement religieux pour les laïques, qui ne semblent pas être le fruit de vils intérêts politiques.
Cependant, la mise en avant de semi-vérités de la part des patriotes et des gens de religion semble profondément enracinée dans la presse religieuse. Il s’agit de diverses interprétations du fait que le Dieu d’Abraham/Ibrahim et de Jacob/Jakov/Jakub a parcouru un long chemin pour pouvoir devenir le protecteur suprême des intérêts nationaux de tribus slaves mutuellement en froid.

La presse catholique
En Bosnie-Herzégovine, on peut trouver six revues catholiques importantes : Katolicki Tjednik [hebdomadaire catholique, publié par l’archevêché de Vrhbosna (Sarajevo)], et des revues mensuelles comme Svjetlo Rijeci [« La lumière de la parole », publiée par la province franciscaine de Bosna Srebrena], Crkva na Kamenu [« L’Église sur la pierre », revue pastorale et informative des évêchés d’Herzégovine], Nasa Ognjista [« Nos foyers »], Glas Mira [« La Voix de la paix »] et Framost.
À part Glas Mira, bulletin d’événements de Medjugorje, et Svjetlo Rijeci, ces revues ne contiennent que des textes complaisants pour les partis politiques, dans un esprit religieux et ultra-nationaliste, qui traitent la période de la Croatie indépendante (NDH) des années 1940 [1] avec très peu ou pas du tout de critique.
Dans cet esprit, l’exemple le plus frappant est la revue Nasa Ognjista, lancée à Tomislavgrad en 1971, qui reprend souvent des textes de la revue fasciste Hrvatski Vjesnik [« Le Courrier Croate »], sans aucune critique. D’après ses écrits, les partisans de Tito n’étaient que des bandits des forêts, et le gouvernement Ustascia de la NDH se serait montré trop doux envers eux (Hrvatski Vjesnik, n° 3/338, mars 2007).
Certes, les crimes indéniables commis par les communistes après la guerre ne sont nullement pardonnables. Cependant, on s’attend toutefois à un minimum d’approche critique envers le caractère génocidaire et raciste du gouvernement Ustascia. Or, il n’en est rien. Dans ce cas, il est évident que nous avons affaire à une pseudo-histoire dangereuse, servie avec de l’encens et l’Évangile.
Ainsi, on ne devrait pas se laisser surprendre en lisant dans Nasa Ognjista [n° 6/332, juin 2006] un texte du soi-disant « scribe bosnien » Tvrtko Gavran, affirmant que Miljenko Jergovic et Marko Orsolic ne sont que des hurluberlus, rien que pour avoir critiqué le nationalisme de l’archevêque Ivan Saric . L’archevêque Saric , à son tour, n’a jamais trouvé pertinent d’écrire quelques mots sur les victimes juives. Ce clérico-fasciste appelait toujours les Juifs « les plus grands ennemis de l’Église et de l’humanité », et leur bourreau, Ante Pavelic , un apôtre.

Le Maître du chaos
Toutefois, l’auteur de ces textes va plus loin : sous la bénédiction de son idole Saric , il répand la haine et l’intolérance en écrivant que « les Croates de Bosnie-Herzégovine sont menacés par les deux autres peuples, qui veulent le détruire ». Pour arriver à leurs fins, les Serbes et les Bosniaques se serviraient des Croates de faible caractère. De même, un prêtre nommé Marko rappelle que les chansons de Led Zeppelin et Guns N’Roses sont sataniques, et qu’elles font bâiller les fidèles quand il prononce le Pater Noster ou l’Ave Maria.
L’endoctrinement psycho-pathologique de la rédaction de Nasa Ognjista va jusqu’à présenter le fondateur paranoïaque de la théorie du « Maître du chaos », Davor Domazet Loso, comme un théoricien politique respectable.
Crkva na Kamenu et Framost apportent, eux aussi, des contenus semblables ou identiques, à ceux de Nasa Ognjista, de sorte que nous ne prendrons pas la peine de les énumérer. Quant à Katolicki Tjednik, il est vrai que ses rédacteurs font preuve d’une politique un peu plus modérée. Cependant, une attitude critique envers l’archevêque Saric semble encore faire défaut.
Dans cette revue, il n’existe pas non plus la moindre trace de critique envers le gouvernement de terreur d’Ante Pavelic . Des chansons épiques en l’honneur de Pavelic sont parues dans la revue, parce que cela était « à la mode ». D’ailleurs, selon la revue, l’archevêque Saric n’a prononcé aucune critique envers les crimes de guerre commis contre les Juifs et les Serbes, « tant il était absorbé par la traduction de la Bible ». Cependant, la traduction de la Bible n’a pas empêché l’archevêque d’expliquer que le peuple juif était composé de « barbares et criminels les plus fâcheux, qui ont porté l’Europe dans la plus grande crise morale et économique ».
Voilà donc pourquoi Katolicki Tjednik favorise le turbo-folk catholique de Marko Perkovic « Thompson », qui a bénéficié d’une interview fort complaisante. L’antithèse absolue de ce clérico-fascisme se trouve dans Svjetlo Rijeci. Cette revue, qui est d’ailleurs le média religieux imprimé de la plus haute qualité dans le pays, apporte des exégèses bibliques dans l’esprit d’une chrétienté ouverte et humaine. Malheureusement, une telle conception reste très rare dans la presse religieuse.

La presse serbe orthodoxe
Les revues orthodoxes de Bosnie-Herzégovine sont, pour une grande majorité, de qualité douteuse. La seule exception est Pravoslavlje [« Orthodoxie »], rédigée et imprimée à Belgrade. Cette revue traite parfois des événements de Bosnie-Herzégovine.
Cependant, Pravoslavlje, tout comme les autres revues orthodoxes imprimées dans le pays (Dabar, Soko, Preobrazenje, Vidoslov), fait preuve d’un consensu politique incontestable. Cette presse est entièrement dépourvue d’esprit critique, et les divergences d’opinions sont majoritairement ecclésiastiques ou théologiques.
On aura donc l’occasion de lire dans Pravoslavlje des articles sur les crimes Ustascia, bosniaques, albanais, et les destructions d’églises et attaques métaphysiques au droit céleste des Serbes du Kosovo. Il est vrai que quelques accusations de crimes de guerre figurent ça et là. Cependant, il manque encore une approche critique envers tous les crimes qui ont été commis sous la bénédiction de l’Église orthodoxe serbe dans les Balkans.
Par ailleurs, cette revue n’est pas sans charme. Thématiquement, c’est une revue très bien conçue, quoique fondée sur une politique d’ignorance. Autrement dit, elle présente une vision de la religion orthodoxe pour grand public.
Dabar, voix de la communauté orthodoxe « Dabrobosanska », n’est aucunement de cette qualité. Il s’agit en fait d’un amas de textes rassemblés en toute hâte et sans nul souci de mise en page. Ces textes, élaborés sans doute sous traitement de texte, abondent d’ailleurs en fautes d’orthographe. Une soixantaine de pages en noir et blanc apportent des contenus divers : bulletins d’activités de la communauté, chants pour les enfants, et même des textes divertissants, qui ressemblent à la proclamation de l’inquisition au XVe siècle.
L’exemple le plus obscur du dilettantisme et de l’endoctrinement par la pseudo-histoire est la revue Soko. Reprenant la conception de Dabar, ce trimestriel représente le sommet de la pornographie spirituelle. Comble du comique, le prêtre Jovan Gardovic y assure les fidèles qu’une fois passés dans l’au-delà, ils retrouveront au paradis Dragoljub « Draza » Mihajlovic [chef de la résistance tchetnik durant la Seconde Guerre mondiale].
Dans la presse religieuse orthodoxe, l’honorable exception est la revue Vidoslov. Elle aussi manque d’autocritique, mais la qualité des articles est sensiblement plus élevée.

La presse islamique
L’impression générale, quant à la presse islamique en Bosnie-Herzégovine, est semblable à celle que dégagent les revues catholiques ou orthodoxes. Des exigences de conception ou de politique éditoriale, comme celles de Svjetlo Rijeci, semblent manquer. Toutefois, l’approche est sérieuse, et la qualité des textes bien meilleure que dans les revues orthodoxes.
Si l’on regarde Preporod [« Le Progrès »], Saf et Novi horizonti [« Nouveaux horizons »], aussi bien que les trimestriels Mualim et Kelamul’sifa', on se rend compte que Preporod ressemble finalement beaucoup à Pravoslavlje parce qu’elle est très instructive, mais, en même temps, abonde en prises de position politiques de Mustafa ef. Ceric [reis-ul-ulema de la Communauté islamique de Bosnie]. Cette philosophie se réduit à une opinion selon laquelle les Bosniaques musulmans ont le droit de tenir des discours sur la morale à tout le monde, mais pas l’inverse.
Preporod, hormis les textes purement religieux, ne manque pas d’articles racistes et nationalistes. Saf et Novi horizonti sont encore plus radicaux. Bien que Saf soit un papier wahhabite, on peut parfois tomber sur un texte qui a du sens. Par exemple, dans les articles d’Amer Sulejmanagic , qui s’appuie sur Voltaire et Adrian Renald, on peut lire une critique bien justifiée de l’image de l’Islam dans le monde. Cependant, même ces textes de qualité semblent être gâchés par les écrits de Fatmir Alispahic , qui se plaint de l’Europe chrétienne, où règnent des hérésies comme le Père Noël et la Saint-Valentin.

Les derviches et l’exégèse du Coran
Les papiers de Novi Horizonti ne semblent pas être de meilleure qualité. Dans la rubrique « Éducation », rédigée par Edin Tule, on trouve des questions telles que : « Avez-vous bien repéré vos ennemis dans votre milieu ? » ou « Que faites-vous afin de discréditer la philosophie occidentale et diminuer ses influences nuisibles ? ».
Cet auteur n’ayant pas précisé à quelle philosophie il se référait, il ne nous reste qu’à avancer des spéculations. Les pré-socratiques ? Saint Augustin, Dante, Jean-Paul Sartre ou Friedrich Nietzsche ? La liste doit être bien longue.
Voici ce qui fait la différence entre ces revues et Mualim et Kelamul’sifa', beaucoup plus importantes. Notamment, Mualim a bien de quoi se considérer comme une « revue éducative islamique ». Elle contient non seulement d’excellents papiers sur l’exégèse du Coran, des essais socio-historiques et philosophiques, mais aussi de très bonnes traductions de travaux d’auteurs, tant musulmans que d’autres religions. Tout cela participe au fait que Mualim est une revue très utile pour les étudiants en sciences humaines.
Ceci vaut également pour Kelamul’sifa', revue derviche qui sort deux fois par an. D’après la qualité des textes, cette édition ressemble plus à un manuel d’université qu’à une revue. Au-delà de son objectivité, elle se veut très instructive.
Finalement, quand on parle de la presse religieuse en Bosnie-Herzégovine, il est très difficile de trouver une revue qui soit capable de développer une approche critique envers sa propre communauté confessionnelle, et enversles personnes qui la composent et la dirigent.

[1] Nezavisna Drzava Hrvatska : État indépendant de Croatie entre 1941 et 1945, célèbre pour avoir été l’un des régimes d’Europe les plus proches de l’Allemagne nazie, avec à sa tête l’un des fondateurs du mouvement Ustascia, Ante Pavelic [torna su].
(autorizzazione alla riproduzione concessa)
 
Bosnia: la stampa religiosa al servizio dei nazionalismi - In Bosnia Erzegovina, la maggior parte delle riviste cattoliche, ortodosse e musulmane sembra ancora incapace di proporre una versione non favorevole alla storia e all'attualità del paese. La maggior parte dei giornali diffonde più slogan di odio che messaggi d'amore, e danno ben poco prova dello spirito critico che dovrebbe essere la caratteristica di chi si definisce sincero. Un giro d'orizzonte...
 

Mircea Eliade ha fatto bene a qualificare l'uomo come "homo religiosus"? Sosteneva che la religione e il bisogno del sacro erano inerenti all'uomo. In un modo o nell'altro, il fatto che l'uomo, senza riguardo alle sue qualità spirituali, sia un essere religioso, non può essere messo in dubbio. Non c'è civiltà che non conosca la divinità. Paradossalmente nemmeno gli atei, non dovrebbero avere difficoltà ad accettare l'Onnipotente, che ha senza alcuno dubbio il potere, tra gli altri, di privarsi della sua propria esistenza.
Il culto di quest'essere sovrannaturale, affermato attraverso i due (o tre) manifesti di Abramo, e molte altre interpretazioni personali, sembrano essere la base anche delle identità etniche in Bosnia Erzegovina. Ciascuno di questi culti è il custode fedele della memoria selettiva della storia. Questi culti iniziano ad invadere la politica e, a volte, la creano. Ciò si riflette in primo luogo nella stampa religiosa.

La stampa religiosa al servizio della politica
Così, in queste pubblicazioni, autori credenti trattano una gamma di argomenti come la teologia, la storia, la letteratura, il folclore, l'antropologia, la filosofia, l'economia, e soprattutto... la politica. Queste pubblicazioni sono raramente dello stesso parere e riflettono, per la maggior parte, gli atteggiamenti di parti politiche radicali, moderate o, molto di rado, liberali.
Se si stabilisce un raffronto tra le riviste cattoliche, ortodosse ed islamiche in Bosnia Erzegovina, si trova di tutto: dal più ignoble come il nazional-sciovinismo, la pseudo-storia, la filosofia "del sangue e del territorio", la "veridicità" ipocrita, la "teologia" per un vasto pubblico, a ad analisi serie e autocritiche, articoli di teologia abilmente concepiti e insegnamenti religiosi per i laici, che non sembrano essere il frutto di interessi economici e politici.
Tuttavia, la pubblicazione di semi-verità da parte dei patrioti e di religiosi sembra profondamente radicata in questo tipo di stampa. Si tratta di diverse interpretazioni sul fatto che il dio di Abraham/Ibrahim e di Jacob/Jakov/Jakub ha percorso un lungo cammino per poter diventare il protettore supremo degli interessi nazionali di tribù slave reciprocamente in conflitto.

La stampa cattolica
In Bosnia Erzegovina, si possono trovare sei riviste cattoliche importanti: Katolicki Tjednik (settimanale cattolico, pubblicato dall'arcivescovado di Vrhbosna (Sarajevo), e delle riviste mensili come Svjetlo Rijeci ("la Luce della parola", pubblicata dalla provincia francescana di Bosna Srebrena), Crkva na Kamenu ["Chiesa sulla pietra", rivista pastorale e informativa dei vescovi d'Erzegovina), Nasa Ognjista ["I nostri focolari"), Glas Mira ["Voce della pace") e Framost. A parte Glas Mira, bollettino di eventi di Medjugorje, e Svjetlo Rijeci, queste riviste contengono soltanto testi compiacenti per alcune parti politiche, in uno spirito religioso ed ultra-nazionalistico, e trattano il periodo della Croazia indipendente (NDH) dagli anni 1940  [1] con quasi nessuna critica.
In questo spirito, l'esempio più sorprendente è la rivista Nasa Ognjista, pubblicata a Tomislavgrad fin dal 1971, che riprende spesso testi della rivista fascista Hrvatski Vjesnik ["Corriere Croato"), senza alcuna critica. nei suoi scritti i partigiani di Tito erano soltanto banditi delle foreste e il governo Ustascia della NDH si sarebbe mostrato troppo morbido verso di essi (Hrvatski Vjesnik, n° 3/338, mars 2007).
Certamente, i crimini innegabili commessi dai comunisti dopo la guerra non sono affatto perdonabili. Tuttavia, ci si aspetta un minimo di approccio critico nei confronti del governo Ustascia, razzista e dedito al genocisio. Ma, non è così. In questo caso, è ovvio che siamo davanti a una pseudo-storia pericolosa, servita con incensi e vangelo.
Così, non ci si dovrebbe sorprendere leggendo in Nasa Ognjista (n° 6/332, giugno 2006) un testo del sedicente "scriba bosniaco" Tvrtko Gavran, che afferma che Miljenko Jergovic e Marko Orsolic sono soltanto degli sciocchi, per avere osato criticare il nazionalismo dell'arcivescovo Ivan Saric. L'arcivescovo Saric, da parte sua, non ha mai trovato pertinente scrivere nulla sulle vittime ebree. Questo clerico-fascista chiamava sempre gli ebrei "i più grandi nemici della chiesa e dell'umanità", e il loro boia, Ante Pavelic, un apostolo.

Il Padrone del caos
Tuttavia, l'autore di questi testi va più lontano: sotto la benedizione del suo idolo Saric, sparge odio e intolleranza scrivendo che "i croati della Bosnia Erzegovina sono minacciati dagli altri due popoli che vogliono distruggerli". Per ottenere il loro scopo, i serbi e i bosniaci si servirebbero dei croati di debole carattere. Ugualmente, un sacerdote chiamato Marko ricorda che le canzoni dei Led Zeppelin e dei Guns Roses non solo non sono sataniche, ma fanno ballasre i fedeli quando pronuncia il Pater Noster o l'Ave Maria.
L'indottrinamento psico-patologico della redazione di Nasa Ognjista arriva fino a presentare il fondatore paranoico della teoria del "Padrone del caos", Davor Domazet Loso, come un teorico politico rispettabile.
Crkva na Kamenu e Framost portano, loro anche, contenuti uguali o simili a quelli di Nasa Ognjista, tanto che non ci prenderemo la cura di enumerarli. Quanto a Katolicki Tjednik, è vero che i suoi redattori danno prova di una politica leggermente più moderata. Tuttavia, un atteggiamento critico nei confronti del'arcivescovo Saric sembra ancora lontano.
In questa rivista, non esiste nemmeno una parvenza di critica verso il governo di terrore di Ante Pavelic. Canzoni epiche nell'onore di Pavelic sono apparse sulle sue pagine, perché erano "alla moda". D'altra parte, secondo la rivista, l'arcivescovo Saric non ha pronunciato alcuna critica verso i crimini di guerra commessi contro gli ebrei ed i serbi, "tanto era assorbito dalla traduzione della Bibbia". Tuttavia, la traduzione della Bibbia non ha impedito all'arcivescovo di spiegare che il popolo ebreo era composto dai "barbari e dai criminali più pericolosi, che hanno condotto alla nella più grande crisi morale ed economica della sua storia".
Ecco dunque perché Katolicki Tjednik favorisce il turbo-folk cattolico di Marko Perkovic "Thompson, che ha beneficiato di un'intervista molto compiacente. L'antitesi assoluta di questo clerico-fascismo si trova in Svjetlo Rijeci. Questa rivista, che oltretutto è la rivista religiosa stampata con la migliore qualità nel paese, riferisce esegesi bibliche nello spirito di una cristianità aperta e umana. Purtroppo, tale concezione resta molto rara nella stampa religiosa.

La stampa serba ortodossa
Le riviste ortodosse della Bosnia Erzegovina sono, per una grande maggioranza, di qualità dubbia. Sola eccezione è Pravoslavlje ("Ortodossia"), redatta e stampata a Belgrado, ma che tratta spessi eventi della Bosnia Erzegovina. Tuttavia, Pravoslavlje, come le altre riviste ortodosse stampate nel paese (Dabar, Soko, Preobrazenje, Vidoslov), dà prova di una politica innegabile. Questa stampa è interamente sprovvista di spirito critico, e le divergenze di opinioni sono per lo più ecclesiastiche o teologiche.
Si avrà dunque l'occasione di leggere in Pravoslavlje degli articoli sui crimini Ustascia, bosniaci, albanesi, e le distruzioni di chiese e su attacchi metafisici al diritto celeste dei serbi del Kossovo. È vero che alcune accuse di crimini di guerra appaiono qua e là, tuttavia, manca ancora un approccio critico verso tutti i crimini che sono stati commessi sotto la benedizione della chiesa ortodossa serba nei Balcani. Per altro, questa rivista non è senza fascino. Tematicamente è una rivista molto ben concepita, sebbene fondata su una politica d'ignoranza. In altre parole, presenta una visione della religione ortodossa per il grande pubblico.
Dabar, voce della comunità ortodossa "Dabrobosanska", non è in alcun modo di questa qualità. Si tratta in realtà di una serie di testi raccolti in velocemente e senza preoccupazione dell'impaginazione. Questi testiabbondano di difetti d'ortografia. La rivista è formata da una sessantina di pagine in bianco e nero che riportano contenuti diversi: bollettini di attività della Comunità, canti per bambini e anche testi divertenti che somigliano alla proclamazione dell'Inquisizione del XV secolo. L'esempio più oscuro del dilettantismo e dell'indottrinamento tramite la pseudo-storia è la rivista Soko. Riprendendo la concezione di Dabar, questo trimestrale rappresenta il vertice della pornografia spirituale. Il massimo dell'asurdo lo raggiunge quando il sacerdote Jovan Gardovic garantisce i fedeli che una volta morti troveranno in paradiso Dragoljub "Draza" Mihajlovic (capo della resistenza cetnica durante la seconda guerra mondiale). Nella stampa religiosa ortodossa, l'eccezione è la rivista Vidoslov. Anch'essa manca di autocritica, ma la qualità degli articoli è sensibilmente più elevata.

La stampa islamica
L'impressione generale, quanto alla stampa islamica in Bosnia Erzegovina, è simile a quella sulle riviste cattoliche o ortodosse. Esigenze di concezione o di politica editoriale, come quelle di Svjetlo Rijeci, sembrano mancare. Tuttavia, l'approccio è serio, e la qualità dei testi migliore rispetto alle riviste ortodosse.
Se si legge Preporod ["Il progresso" ], Saf et Novi horizonti ["Nuovi orizzonti"), così come il trimestrale Mualim e Kelamul’sifa' , ci si rende conto che alla fine Preporod somiglia molto a Pravoslavlje: è infatti una rivista molto istruttiva ma, allo stesso tempo, abbonda di prese di posizione politiche da parte di Mustafa ef. Ceric (reis-ul-ulema della Comunità islamica della Bosnia). Questa filosofia si riduce a un'opinione secondo la quale i bosniaci musulmani hanno il diritto di tenere discorsi sulla morale a tutto il mondo, ma non l'inverso. Preporod, eccetto i testi puramente religiosi, non manca di articoli razzisti e nazionalistici. Saf e Novi horizonti sono ancora più radicali. Benché Saf sia una rivista wahabita, si può a volte incocciare su un testo che ha senso. Per esempio, negli articoli d'Amer Sulejmanagic, che si appoggia a Voltaire a ad Adrian Renald, si può leggere una critica ben giustificata dell'immagine dell'Islam nel mondo. Tuttavia, anche questi testi di qualità sembrano essere sprecati dagli scritti di Fatmir Alispahic, che si lamenta dell'Europa cristiana, dove regnano eresie come Babbo Natale e San Valentino.

I dervisci e l'esegesi del Corano
Le pagine di Novi Horizonti non sembrano essere di migliore qualità. Nella rubrica "istruzione", redatta da Edin Tule, si trovano questioni come: "Avete bene situato i vostri nemici nel vostro ambiente?" oppure " Cosa avete fatto per screditare la filosofia occidentale e diminuire le sue influenze nocive? Poiché quest'autore non ha precisato a quale filosofia si riferiva, ci rimane soltanto da avanzare speculazioni. I pre-socratici? Sant'Agostino, Dante, Jean-Paul Sartre o Friedrich Nietzsche? L'elenco deve essere lungo.
Ecco ciò che fa la differenza tra queste riviste e Mualim e Kelamul’sifa' , molto più importanti. In particolare, Mualim può ben considerarsi come una "rivista educativa islamica". Contiene non soltanto pagine eccellenti sull'esegesi del Corano, dei saggi socio-storici e filosofici, ma anche molte buone traduzioni di lavori di autori, religioni sia musulmane che no. Tutto ciò contribuisce al fatto che Mualim è una rivista molto utile per gli studenti in scienze umane.
Questo vale anche per Kelamul’sifa', rivista derviscia che esce due volte all'anno. Dalla qualità dei testi, questa pubblicazione somiglia più a un manuale d'università che ad una rivista. Oltre alla sua obiettività, vuole essere molto istruttiva.
Concludendo, quando si parla della stampa religiosa in Bosnia Erzegovina, è molto difficile trovare una rivista che sia capace di sviluppare un approccio critico verso la sua Comunità confessionale, ed nei confronti delle persone che la compongono e la dirigono.

[1] Nezavisna Drzava Hrvatska : Stato indipendente della Croazia tra il 1941 e il 1945, celebre per essere stato uno dei regimi più vicini alla Germania nazista, con alla sua testa uno dei fondatori del movimento Ustascia, Ante Pavelic [torna su].
(autorizzazione alla riproduzione concessa)

 
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traduzione in francese di Haris Hadzic
traduzione in italiano di Macondo Tre - Osservatorio sui Balcani
 
 
 
 
 
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